05 juillet 2008
Sauver les classes uniques
C'est l'objet de cette pétition : mieux connaître ces classes, leur intérêt, en observant ce qu'il s'y passe et en empêchant leur fermeture devenue quasi-systématique. Des classes et des écoles qui disparaissent car souvent jugées trop peu rentables... économiquement, bien sûr. Mais... Et les autres aspects ? Qu'en savons-nous ? Ou plutôt qu'en savent-ils ? Ils, parce que les parents de ces petites structures demandent généralement leur maintien, mais c'est Ils qui décident...
J'ai passé quelques mois de ma scolarité dans une classe unique, et j'ai beaucoup apprécié cette école/classe : possibilité d'écouter et d'apprendre au niveau qui me convenait et non à celui auquel mon âge me destinait (cloisonnait ?), partage et communication avec des enfants de plusieurs âges, et non enfermement dans une classe d'âge unique. Une classe hétérogène qui m'apparaît plus vivante, plus dans la vraie vie que les classes homogènes où les enfants font la même chose au même moment de la même façon au même rythme, et ont finalement peu à apprendre des autres puisqu'ils en sont tous au même stade d'apprentissage et de développement, une homogénéité qui favorise la compétition en lieu et place de l'aide au plus petit ou de la demande au plus grand. Je m'ennuyais moins dans cette classe unique car il y avait toujours la possibilité de jeter un oeil sur ce que faisaient/apprenaient les plus grands. J'appréciais les moments où nous avions l'instituteur pour nous tous seuls, les quelques du même niveau : nous l'écoutions avec plus d'attention, puisque ces moments étaient moins longs, plus personnalisés et plus dans l'échange que le cours magistral. Et j'appréciais aussi les moments d'activités/exercices en autonomie lorsque l'instituteur s'occupait des autres niveaux.
Comme quoi, on peut défendre la nonsco et l'école en même temps... Pour le libre choix de chacun ;-)
13 mai 2008
Bonne nouvelle : le prix du carburant augmente encore et encore !
Ben oui, c'est une bonne nouvelle ! Pensez donc : la TIPP et la TVA sont calculées proportionnellement, sur la base du prix du carburant. Donc si le prix du carburant augmente, les impôts indirects prélevés lors du passage à la pompe augmentent. Donc l'Etat encaisse plus d'argent chaque jour. Donc... le fameux "déficit", dont on nous rabat les oreilles pour expliquer tel dégraissage de fonctionnaires ou structures publiques ou déremboursement médical ou autre hausse fiscale, ne peut qu'être comblé par tous ces sous et en bien moins de temps que prévu, non ? Et donc, plus besoin de toutes ces mesures nocives :-)
Faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver, faut positiver... Ca marche pas. Pas douée avec Coué. :-(
12 février 2008
Une giffle, une fessée ?!! Non, mais ça va pas la tête ?
Non, la violence n'est pas la meilleure façon d'accompagner un enfant. Apprendre qu'il ne faut pas frapper en étant frappé, qu'il ne faut pas insulter en étant insulté n'a jamais aidé qui que ce soit à grandir, à devenir respectueux. Cela apprend le goût amer de l'humiliation et de la peur. Cela apprend la soumission. Et cela engendre aussi la colère et fait parfois naître le désir de vengeance. Que ceux qui affirment le contraire et prônent qu'"une bonne fessée n'a jamais fait de mal" lisent d'abord les ouvrages d'Alice Miller.
Je relaie ici deux lettres ouvertes :
- l'une de Bernard Girard, enseignant, à la défenseure des enfants :
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le 6 février 2008
Un enseignant gifle un élève : lettre ouverte à Madame la défenseure des enfants
Madame,
Au-delà de l’impact médiatique outrancier auquel l’épisode a donné lieu, la gifle lancée par un enseignant à un élève éclaire d’un jour particulier le peu de cas qu’on semble faire en France, tout spécialement dans les établissements scolaires, de la Convention internationale des droits de l’enfant, pourtant signée par la France, mais aussi, plus simplement, du respect le plus élémentaire pour sa personne. Dans son article 19, la convention stipule en effet que « les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales (...), de mauvais traitements ou d’exploitation, pendant qu’il est sous la garde de ses parents (...) ou de toute autre personne à qui il est confié ». Bien que le texte de la Convention soit affiché depuis peu dans toutes les salles de classe, le respecte-t-on pour autant ? Pour une gifle dont le retentissement traverse pour une fois les murs de l’école, combien de brutalités « physiques et mentales », de coups, de vexations, d’humiliations sont le lot quotidien d’élèves qui préfèrent se taire, encaisser sans broncher, parce qu’ils ont peur ou parce qu’ils savent bien que, de toutes manières, leur parole ne sera pas entendue. Cet enfant de 11 ans, maltraité, rudoyé, humilié devant toute la classe, comment devait-il réagir ? L’injure sortie de sa bouche n’est pas venue de rien, elle est la réponse, certes maladroite, à un adulte sorti de son rôle. Dans ses conditions, et même si la gifle qui a suivi peut être imputée à un réflexe impulsif, il est inadmissible que les plus hautes autorités de l’Etat, derrière le Premier ministre et le ministre de l’Education nationale, aient pu, en apportant leur soutien à l’enseignant fautif, légitimer cette forme de violence et sembler couvrir à l’avance tous les dérapages dont les adultes se rendraient coupables à l’intérieur d’un établissement scolaire. Alors que ces mêmes autorités n’ont pas de mots assez forts pour dénoncer la violence lorsqu’elle vient des élèves, que la ministre de la Justice réclamait il y a peu « pour les mineurs, une réponse pénale à chaque infraction », on peut quand même s’étonner de la complaisance ainsi manifestée pour la violence lorsqu’elle vient des détenteurs de l’autorité.
Faut-il croire, comme on le soutenait encore il n’y a pas très longtemps, que les coups feraient grandir ou qu’un enfant n’en souffrirait pas ? La campagne lancée dans l’opinion publique suite à cet événement, où, malheureusement, les enseignants ne sont pas les moins virulents, est le signe d’une formidable régression dans le débat éducatif, régression déjà à l’œuvre depuis plusieurs années, par exemple dans les domaines de la pédagogie ou de la justice des mineurs : des pétitions initiées par des syndicats bien mal inspirés, ont ouvert les vannes à un flot furieux de paroles haineuses qui dépassent de beaucoup les deux protagonistes à l’origine de l’histoire. Il ne s’agit plus de défendre un enseignant mais d’en appeler, avec une brutalité invraisemblable, au retour des « bonnes vieilles méthodes », celles d’une époque où l’on pouvait frapper les enfants en toute bonne conscience, en toute impunité. Avec les conséquences que l’on pressent : vous êtes mieux placée que quiconque, Madame, pour constater les dégâts de la violence exercée sur les enfants, à l’école comme à la maison. Et lorsque des enfants meurent sous les coups, lorsque d’autres sont détruits pour la vie, c’est toujours parce qu’au départ il y a eu ces mots criminels : « c’est pour ton bien ! » (1). Votre fonction de défenseure des enfants vous impose, Madame, d’intervenir dans les médias, auprès de l’opinion publique, des autorités, pour faire cesser ce déferlement irresponsable, pour faire en sorte que, dans les établissements scolaires, la Convention des droits de l’enfant soit autre chose qu’une simple affiche placardée sur un mur, pour que l’on comprenne que les coups portés aux enfants ne sont jamais légitimes, que l’adulte n’a pas toujours raison, que l’enseignant peut aussi avoir des comptes à rendre. Il est plus que temps que, dans les écoles « le droit de l’enfant au respect » (Janusz Korczak) soit réellement pris en considération.
(1) Alice MILLER, C’est pour ton bien. Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant, Aubier, 1984
Bernard GIRARD
Enseignant
http://journaldecole.canalblog.com
contact : ecole.histoire@orange.fr
Copie du courrier adressée à :
Association française Janusz Korczak
Philippe Meirieu
DEI France
Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix
Libération
Parents d’élèves FCPE
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- l'autre d'Olivier Maurel, auteur de La Fessée, à Claude Halmos, psy médiatique qui, répondant à une journaliste s'exclamant que la fessée n'est pas si grave, a dit : "Non seulement ce n’est pas destructeur pour l’enfant, mais c’est même important pour sa construction." :
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Madame,
J’avoue que je suis un peu étonné de voir la grande spécialiste de l’enfance, de la famille et de la relation que vous êtes, faire l’apologie de la fessée.
Si je vous ai bien comprise, la fessée serait donc pour vous le meilleur moyen :
- de “montrer qu’on a des limites” et de “mettre des barrières” à l’enfant ;
- de faire appréhender à l’enfant ce qu’est un autre être humain ;
- de montrer que l’on doit respecter l’être humain ;
- de le “tirer du côté de l’humain” ;
- de favoriser la construction de l’enfant ;
J’avoue que je n’aurais pas pensé que donner des coups à un être beaucoup plus faible que soi et lui enseigner en le frappant que le principe le plus basique de la morale : “Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse” n'est que baliverne, pouvait avoir tant de résultats positifs pour “l’être humain” ! Heureusement que vous êtes là pour nous l’apprendre !
J’aurais plutôt cru que déculotter un enfant et le frapper sur les fesses revenait non pas à lui apprendre les limites, mais à franchir violemment celle de son intimité et risquait de lui faire perdre sa capacité naturelle de réaction contre quiconque toucherait cette partie de son corps dans un autre but que celui de le “tirer vers l’humain”. Mais je dois me tromper.
J’aurais plutôt cru que pour apprendre à un enfant ce qu’est un autre être humain, il fallait se conduire avec lui avec affection et respect et qu’il existe d’autres moyens d’être ferme que de cogner sur ses fesses. Mais si vous dites le contraire, c'est que je dois me tromper.
J’aurais plutôt cru que le rôle d’une spécialiste de la relation comme vous est d’aider les parents à trouver d’autres moyens que les torgnoles (parce que quand les fessées sont recommandées, pourquoi pas les torgnoles ?) pour éduquer leurs enfants. Là encore, je dois me tromper.
J’aurais plutôt cru que pour apprendre aux enfants à “respecter l’être humain”, il fallait commencer par les respecter eux-mêmes. Nouvelle erreur !
J’aurais plutôt cru que pour “favoriser la construction de l’enfant”, comme pour n’importe quelle construction d’un édifice fragile, il fallait éviter de cogner sur lui. Quelle naïveté !
J’aurais plutôt cru que dans un pays où un grand nombre d’enfants meurent encore de maltraitance, il valait mieux éviter d’encourager les parents à recourir à la violence. Autre naïveté !
J’aurais plutôt cru que, dans un monde où, dans beaucoup de pays, le moyen d’éducation normal est encore la bastonnade, et où la plupart des parents trouvent, comme vous le pensez vous-même, que frapper un enfant est un moyen indispensable pour l’éduquer, il valait mieux soutenir les efforts du Comité des droits de l’enfant, de toutes les institutions internationales et du Conseil de l’Europe pour interdire cette méthode d’éducation que vous jugez si humanisante. Mais c’est sûrement vous qui, avec votre savoir psychanalytique, avez raison !
Et comme je trouve que mon épouse franchit parfois certaines limites et ne respecte pas toujours suffisamment “l’être humain” que je suis, je vais me convertir sans plus attendre à l’excellent moyen d’éducation que vous préconisez. Quand tous les maris et les conjoints auront, comme moi, adopté cette méthode, je pense que nous aurons grandement contribué à tirer les femmes “du côté de l’humain”.
Merci, chère Madame, pour vos excellents conseils.
Olivier Maurel
Porte-parole de l'Observatoire de la Violence Éducative Ordinaire
(OVEO) www.oveo.org
21 décembre 2007
Directive de la honte
Je relaie ce message de la CIMADE publié sur le blog de Mémère :
La Cimade a lancé, avec 14 autres associations, une pétition pour dénoncer un projet de directive européenne sur l’enfermement et le renvoi des étrangers en situation irrégulière (voir texte ci-dessous). Si elle était adoptée, cette directive harmoniserait par le bas les normes en vigueur dans les différents Etats membres et porterait gravement atteinte aux droits de l’Homme en banalisant le principe de l’enfermement des personnes comme mode de gestion des migrants.
Ce projet de directive relevant – pour la première fois sur les questions d’asile et d’immigration – de la procédure de codécision entre le Conseil des Ministres européens et le Parlement, nous estimons essentiel que les citoyens et les sociétés civiles se mobilisent et interpellent les parlementaires européens afin qu’ils refusent d’adopter un tel projet.
Nous vous invitons donc à signer cette pétition sur le site www.directivedelahonte.org et à la faire connaître autour de vous.
Vous pouvez également interpeller directement les parlementaires européens en leur écrivant. Vous trouverez ci-dessous une proposition de lettre que nous vous invitons à envoyer largement, par internet, par fax ou par courrier. N’hésitez pas à doubler vos envois par email d’un fax ou d’un courrier, car les emails peuvent facilement être volontairement ignorés par le destinataire.
Vous trouverez la liste des députés européens et leurs coordonnées sur le site du Parlement européen, et plus précisément à l’adresse : http://www.europarl.europa.eu/members.do?language=FR
Les emails ne figurent pas sur ce site, mais chaque député européen a une adresse email construire sur le format suivant : « prénom.nom@europarl.europa.eu ». (avec un tiret pour les prénoms composés comme Jean-Louis, et avec les prénoms attachés lorsqu’il y en a plusieurs).
Il est tout à fait possible d’obtenir le rejet ou l’abandon de ce projet de directive, cela ne dépend que de notre capacité à nous mobiliser. Nous comptons sur votre aide et votre soutien.
La Cimade
29 octobre 2007
La France, mon pas beau pays bis
Je voulais commenter ces textes issus du dernier bulletin de RESF... Mais que dire ? L'horreur est indicible. Et l'Etat veut qu'on enseigne à nos enfants le civisme et le respect. Mais quel exemple donne-t-il en tuant des bébés in utero, en sevrant des enfants du jour au lendemain, en incarcérant des enfants qui n'ont commis aucun délit [déjà qu'incarcérer ceux qui ont commis un délit, c'est franchement limite et pas du tout constructif...] et qui ont parfois moins de deux ans ? Comment peut-on parler à nos enfants des horreurs du passé au passé quand elles ont lieu aujourd'hui en toute "légalité". Doit-on apprendre les erreurs et les horreurs de l'histoire pour croire qu'il ne se passe plus rien aujourd'hui dans nos pays "civilisés" ? Comment peut-on apprendre à nos enfants à être patriote d'un pays qui se renie et qui ne mérite plus le respect ? Non, il n'y a vraiment pas de quoi être fier d'être le pays qui a rédigé les droits de l'Homme quand on voit à quel point ce même pays les baffoue.
Pour en parler à nos enfants : liste de livres.
30 septembre 2007
Non au contrôle génétique de l'immigration
C'est le titre de la pétition. Elle peut être signée en ligne là. Parce que je trouve qu'établir une telle base de données est inadmissible [le but énoncé aujourd'hui est déjà pas joli-joli, mais demain on ne sait pas à quoi ils s'en serviront... J'ose espérer qu'ils n'ont pas encore eu l'idée de les breveter ! Non, je suis sérieuse, ils ont déjà breveté certains des composants du lait maternel... :-( ]. Parce que si nos élus politiques votent une telle loi, alors c'est qu'ils n'ont aucune éthique, aucun respect pour l'humain, et qu'ils ne sont pas dignes d'occuper des fonctions aussi importantes. Et aussi parce que, comme le souligne Aédia, ces faiseurs de lois à la mord-moi-le-noeud n'ont pas pensé à tout ce qu'un tel contrôle pourrait engendrer.
Pour ceux qui hésiteraient à signer la pétition à cause du format de l'espace de signature, voici ce qui a été répondu à une personne posant la question :
Cette pétition a été lancée par une association de défense de la recherche, mais elle ne s’adresse pas uniquement au monde de la recherche, loin s’en faut, et comme l’atteste les milliers de signataires "citoyens". Le formulaire pour signer la pétition propose "fonction" et "établissement" mais rien n’empêche vos amis de la signer, au contraire.
Avant que ce texte ne soit adopté début octobre :
Non au contrôle génétique de l'immigration
19 juillet 2007
17 juillet 2007
J'en avais entendu parler ici et là sur le web, mais je n'y avais pas prêté plus d'attention que ça. Et puis, Maman sur sa planète a donné les liens vers les videos, et j'ai enfin pris le temps d'aller les voir, le 16 juillet. J'ai failli être en retard ! Et puis finalement, j'ai été en avance... de deux heures... Je suis nulle !! Pourtant, je le sais fort bien que nous sommes GMT+2 en France l'été. Alors allez comprendre..! L'important, c'est de participer, comme on dit. J'ai donc participé en avance. Je ne sais pas ce qu'il en est pour la planète, mais moi ça m'a fait beaucoup de bien. La personne parlait de se "uplifter" et c'est ce que j'ai ressenti toute la journée mardi et mercredi, l'impression que mon corps et mon esprit étaient plus légers, avaient pris un peu de hauteur. Je sais, ça paraît bête dit comme ça. Mais quand même, c'est bien agréable. Ce sentiment de bien-être perdure depuis, même s'il commence à se dissiper depuis quelques heures. Il faudra donc que je pense à renouveler l'expérience, à défaut de Yoga ou de Tai chi Chuan ;-)
Ma définition de l'anarchie (suite)
J'allais répondre aux commentaires de mon précédent billet sur l'anarchie, mais finalement j'y consacre un deuxième billet en réponse. J'ai hésité à répondre pour mieux expliciter ma pensée sur le sujet, car j'imagine ce que pourrait éventuellement penser quelqu'un qui viendrait à tomber sur mon blog par hasard, ou en cherchant des infos sur la nonsco, et que la lecture de ces billets amènerait à une équation hâtive et très inexacte : "non scolarisation" = "marginalisation, grand n'importe quoi et anarchisme sans loi et asocial", ou un truc du genre. Donc je précise que je ne représente pas à moi seule la population ayant fait le choix d'instruire leurs enfants ;-) Ce serait me donner bien plus d'importance que je n'en ai...
Après cette petite introduction, je continue donc mon blabla sur l'anarchie :
Au mot anarchie, j'oppose le mot hiérarchie. A y réflêchir, c'est plus qu'une simple question de donner et recevoir des ordres. Ou plutôt, c'est lié, puisque l'ordre fait appel à la hiérarchisation : ordonner, c'est subordonner. C'est aussi et surtout une question de hiérarchisation des personnes et des vies, comme si certaines valaient forcément plus que d'autres. L'autorité y est factice, car pas du tout en lien avec une autorité naturelle, ressentie, légitime. Je pense que l'autorité naturelle, que j'associe au respect (respect révérentiel ?), peut exister dans l'anarchie, mais ne peut en aucun cas s'imposer à des dizaines de milliers de personnes, car il s'agit d'un ressenti personnel vis à vis d'une personne. Nous sommes donc dans le sentiment à taille humaine, et non de masse. Dans nos sociétés non anarchisées regroupant "de force" des millions de personnes, on parle d'autorité, parce qu'on ne peut pas parler de respect (comment accorder à une personne qu'on ne connaît pas une ascendance naturelle, un respect/autorité légitimée ? Je ne parle pas, bien entendu, du respect simple dû "par défaut" à toute personne). Et on finit par confondre autorité et respect. Je ne pense pas que des personnes soient supérieures à d'autres en fonction de l'âge, du salaire, de la position sociale ou professionnelle, du lien de parenté, de l'engagement ou des responsabilités politiques ou associatives. Je ne peux pas me soumettre simplement parce qu'une personne est un ascendant, un élu politique, porte un uniforme, ou a plus de rides que moi. Je ne peux pas accepter qu'on se serve d'artifices (âge, uniforme, organigramme, etc.) pour décider pour les autres, ordonner, soumettre, imposer. Cela dit, je précise tout de même que je me plie généralement aux lois du pays, comme tout le monde, puisque je suis ici et non ailleurs. Je le précise, au cas où... ;-)
Etymologiquement, l'anarchie, c'est l'absence (an-) de commandement/pouvoir (-archos), pas le désordre comme la définissent souvent les dictionnaires [voilà à quoi ça sert de faire du latin et du grec. Dommage que je ne sois pas allée plus loin qu'une année d'initiation au grec en 5e... Mais à l'époque je n'aurais pas du tout du tout apprécié ni profiter d'apprendre une langue morte]. Et c'est en lisant ce genre de définitions pas très exactes que je réalise que les dictionnaires sont rédigés par des êtres humains, qui ont des valeurs, des croyances, un certain savoir, une culture, et non pas par une sorte d'être doté d'une perfection linguistique et d'une neutralité parfaite et objective. Dans mon vieux dictionnaire, le mot anarchie est défini comme ça :
Situation d'un pays caractérisée par l'absence d'un gouvernement disposant de l'autorité nécessaire, et en proie à des conflits désordonnés.
et le mot anarchisme est défini comme suit :
Idéologie qui rejette toute autorité, en particulier celle de l'Etat, et préconise la liberté absolue et la spontanéité de l'individu.
On y retrouve ces idées reçues comme quoi sans autorité centralisée, il n'y a pas de sérénité possible. Quelque part, ça me rappelle l'éducation couramment recommandée pour les enfants (parents potiers, et non jardiniers), ainsi je ne suis pas vraiment étonnée de ces définitions, rédigées donc par des personnes qui ont été enfant (et à qui on a longuement expliqué que c'était pour leur bien que les adultes décidaient pour eux de quoi faire, quand et comment) et qui sont probablement parents (à qui on a dit et répété qu'il fallait définir un cadre rigide pour que leur enfant puisse grandir et s'épanouir "comme il faut", sans quoi il serait malheureux et sans repères, et que les punitions seraient un moyen de favoriser l'épanouissement social de leur enfant...).
Je suis aussi allée sur Altif pour vérifier la racine -archie et les différents préfixes, et j'y ai trouvé ça :
anarchie : absence de pouvoir politique
Aucune allusion à un quelconque désordre ou chaos social. Et puis j'ai eu l'idée d'aller voir ce que disait Wikipedia. Et là, j'ai eu confirmation : le chaos dont tout le monde (ou presque ;-) ) parle lorsqu'on prononce le mot anarchie n'a rien à voir avec l'anarchie, il s'agit de l'anomie.
anarchie : situation d’une société où il n’existe ni autorité, ni pouvoir, ni domination, ayant un caractère coercitif, ni non plus une quelconque hiérarchie entre les hommes et les femmes. L’anarchie peut étymologiquement également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité.
anomie : terme [...] utilisé pour désigner des sociétés ou des groupes à l'intérieur d'une société qui souffrent du chaos dû à l'absence de règles communément admises implicitement ou explicitement de bonne conduite ou, pire, dû au règne de règles promouvant l'isolation ou même la prédation plutôt que la coopération.
A la lecture de ces deux définitions, j'ai le sentiment que la société extra-terrestre décrite dans le film La Belle Verte est une anarchie. Et que notre société qui favorise l'individualisme par la recherche d'intérêts matériels personnels (et non l'accomplissement/épanouissement individuel) sans regard d'autrui, voire même à son détriment, pourrait mener à l'anomie.
09 juillet 2007
Ma définition de l'anarchie
Adolescente, j'ai souvent dit que je croyais en l'anarchie. J'y crois encore. Et peut-être même chaque jour un peu plus. Mais je ne l'espère plus, car je vois bien qu'autour de moi les gens sont rassurés quand on leur dit quoi faire et quand. Et ça m'affole de voir qu'ils en redemandent, de plus en plus, jusqu'à demander à être surveillés et dirigés même dans leur vie quotidienne, banale. Et intime peut-être aussi. Il paraît qu'en vieillissant on perd ses illusions. Je ne sais pas si j'étais illusionnée, adolescente. J'étais sûrement plus optimiste qu'aujourd'hui. A l'école, j'ai toujours eu du mal avec les exercices qui disaient : "tracez un trait", "cherchez un mot" ou "rédigez". Bref, tout ce qui commençait par un impératif. De même, je n'aime pas les livres de recettes qui usent de l'impératif. D'ailleurs, je n'aime pas suivre les recettes à la lettre. Je recopiais les exercices ou les recettes en remplaçant l'impératif par l'infinitif. C'était plus facile pour moi ensuite de faire l'exercice demandé ou de suivre la recette. Je me sentais moins agressée. Pour en revenir à l'anarchie, je n'ai jamais réussi à répondre à ceux qui invariablement me reprochaient ces idées destructrices et soit-disant anti-vie. J'ai souvent eu du mal à bien définir ce que j'entendais par anarchie et ce que j'y mettais derrière. Tout simplement parce que j'essayais de défaire l'image faussée qu'une vaste majorité a de ce mot (et je me demande encore comment nombre de gens font pour avoir une telle fausse idée sur ce terme). Il aurait peut-être été plus simple de partir de moi, mon ressenti, plutôt que d'essayer de démonter la pensée de l'autre. Mais je ne suis pas non plus douée pour trouver les mots et les aligner dans le bon ordre... D'ailleurs, j'ai toujours étais nulle en dissertation. Pour moi, l'anarchie, c'est l'absence d'autorité, de hiérarchie, de pouvoir. C'est tout. Tout simplement. Je ne vois aucun lien direct avec le chaos. Je ne vois pas où l'anarchie cache une bombe, ni où elle cache la fin de notre planète. Je ne vois pas non plus où se cache l'instinct destructeur du pouvoir ni le plaisir de nuire pour se faire "respecter", obéir. Il me semble que l'anarchie porte en elle plus d'espoir que la démocratie. J'entends déjà les cris de réprobation ! Mais je me retrouve de moins en moins dans notre système qui nous permet seulement de choisir qui doit décider pour nous de ce qui est bien ou non, de comment vivre et avec qui. J'ai envie de décider pour moi. Je n'ai pas envie que d'autres décident pour moi. Et je n'ai pas envie de décider pour les autres. Je veux croire, non, je crois que l'être humain n'est pas l'être vil que l'on nous dépeint. Je sais que l'être humain porte en lui la vie, la force constructive, pour peu qu'on lui laisse l'exprimer au lieu de le réfreiner sans cesse dès ses premières minutes de vie et tout au long de son existence. J'ai envie d'avoir confiance en nous.
En surfant ici ou là sur le web (enfin là plus précisément : Les Renseignements Généreux), j'ai trouvé ce texte dans lequel je me reconnais :
Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un nihiliste, à un partisan du chaos voire à un terroriste. Or, il faut bien le dire : rien n'est plus faux que ce contre-sens qui résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l'idée d'anarchisme. En première approximation, disons que l'anarchisme est une théorie politique au coeur vibrant de laquelle loge l'idée d'antiautoritarisme, c'est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d'autorité et de pouvoir. Une vieille dame ayant combattu lors de la Guerre d'Espagne disait le plus simplement du monde : "Je suis anarchiste : c'est que je n'aime ni recevoir, ni donner des ordres." On le devine : cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. On ne l'a donc ni pardonné ni admis.
Normand Baillargeon, L'ordre moins le pouvoir, Agone, 2001
08 juillet 2007
Géographie agricole
Grace au maïs MON810, on peut apprendre les départements français. Et hop, un petit fond de carte :
Vraiment, je pensais que la répartition des cultures de maïs OGM était différente. D'un autre côté, ça peut se comprendre : le foie gras est un grand consommateur de maïs...
Au fait, c'est quoi le MON810 ? C'est un maïs transgénique insecticide qui est interdit en Allemagne car il présente des risques pour la santé. Tout simplement...

