... et boules de gommes

11 juin 2008

Les contrôles (mairie et IA), vos avis et expériences

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Les contrôles (mairie et IA), vos avis et expériences ---

Je n'ai pas encore d'expérience personnelle des contrôles dans le cadre de l'IEF. En revanche, j'ai lu et entendu de très nombreux rapports de contrôles de la part de familles et de représentants de l'Education nationale. Ce qui est frappant, c'est l'hétérogénéité du déroulement de ces contrôles, qu'il s'agisse de l'enquête à caractère social de la mairie ou du contrôle pédagogique de l'inspection académique. On pourrait penser que c'est normal, si on considère la grande diversité des familles non scolarisantes, mais ce serait supposer qu'il y a adaptation à cette diversité, alors que c'est loin d'être le cas, puisque la différence de traitement est uniquement due à la personnalité de la personne chargée du contrôle. Je pense que ce n'est absolument pas normal, car une même famille pourra faire l'objet d'un rapport positif dans une circonscription et faire l'objet d'un rapport négatif dans la circonscription voisine, et ce même s'il s'agit de la même ville !  :-/  La façon dont se déroulent les contrôles pédagogiques est moins en lien avec l'aptitude pédagogique de la famille qu'avec l'aptitude à rester ouvert d'esprit de la personne qui fait le contrôle. Tel inspecteur de l'Education nationale ou conseiller pédagogique laissera ses préjugés de côté et acceptera de considérer l'IEF comme une alternative valable et responsable à la scolarisation, acceptant également la diversité et la richesse pédagogique des familles, alors que tel autre représentant de l'Education nationale ne pourra s'empêcher de considérer la non-scolarisation comme un pis-aller et refusera toute alternative didactique au programme officiel, imposant par là-même aux familles non scolarisantes de faire l'"école à la maison", c'est-à-dire de faire la même chose qu'à l'école de la même manière et au même rythme que ce qui se fait dans les classes, ce qui bien entendu est strictement contraire à la législation actuelle... Et parfois il y a même pression pour "inviter" la famille à scolariser... Mais quand on est juge et partie, j'imagine qu'il est difficile de faire la part des choses et de rester ouvert, d'autant plus si aucune formation spécifique n'a été préalablement reçue, et dispensée par des personnes compétentes, il va de soi... Bref, tout ça pour dire que recevoir la convocation pour le contrôle pédagogique annuel revient fréquemment à se demander à quelle sauce on va être mangé, même si on n'a rien à se reprocher. Heureusement, il est parfois possible de négocier les conditions du contrôle avec la personne chargée de l'effectuer, et c'est une bonne chose que de pouvoir se faire entendre, voire comprendre, afin que chaque protagoniste soit satisfait du déroulement du contrôle, et en ressorte même plus riche, loin d'une hiérarchie (les familles ne sont pas "en dessous" des représentants de l'EN, mais à côté  ;-)  ) et d'un rapport de force qui n'ont pas lieu d'être . Dommage que ce ne soit pas systématique...

L'enquête à caractère social se déroule, elle aussi, de façon très variable selon les communes : du simple entretien courtois et rapide avec le maire (parfois un peu gêné de cette intrusion faite dans l'intimité de la famille) à la visite inquisitrice  d'une assistante sociale (parfois rattachée à un département de l'Education nationale, encore juge et partie...!  :-/  ) qui ne fait pas la différence entre enquête sociale de l'ASE et enquête à caractère social dans le cadre de la nonsco, et bien sûr avec plein de variantes entre les deux. Mais en général, cette enquête ne pose pas de souci, à condition d'être en bons termes avec sa mairie, ce qui ne va pas forcément toujours de soi dans les petites communes, que ce soit lié à l'instruction (par exemple : risque de fermeture de la petite école car il manque un enfant) ou à tout autre chose (par exemple : problème entre propriétaires terriens, etc.). Autre point important : avoir une maison bien comme il faut et une façon de vivre qui correspond à la "norme". Notez que si votre maison est complètement en-deçà des normes occidentales de confort mais que votre enfant va à l'école, on ne viendra pas vous embêter... ce qui n'est pas le cas si vous avez choisi la nonsco... Un poil discriminatoire  :-/   D'autant que les familles scolarisantes n'ont pas à justifier leur choix en matière d'instruction de leurs enfants, alors que c'est la raison d'être de cette enquête imposée aux familles nonsco.

Mon avis sur la législation imposant les nombreux (un minimum de 15 par enfant et en 10 ans) contrôles au sein des familles non scolarisantes ? Je la trouve abusive et intrusive. Certes, les contrôles rassurent les Français sur ce que font leurs compatriotes lorsqu'ils font un choix différents. Cela donne l'impression d'un garde-fou, comme je l'entends fréquemment. Mais faut-il un garde-fou aussi rigide et aléatoire ? Le point positif de tous ces contrôles effectués depuis la loi de 1998 (celle qui a fait passé le nombre de contrôles de 3 à 15), c'est qu'ils ont permis de prouver que les familles non scolarisantes sont des familles comme les autres, et certainement pas plus maltraitantes ou sectaires que les familles qui font le choix de scolariser leurs enfants. Cela a même permis de démontrer que les familles sont capables d'instruire leurs enfants au moins aussi bien que les enseignants de métier. Le point négatif, c'est le stress qu'ils engendrent et la façon dont ils peuvent restreindre la liberté pédagogique. Et là, je me sens concernée, étant donnée que devant les contrôles à venir à compter dès la prochaine rentrée et nos conditions de vie un peu instables depuis quelques mois et pendant encore plusieurs mois, je me sens contrainte d'envisager une instruction plus scolaire (pas simple avec Puce qui est relativement réfractaire au formel et au verbe "apprendre", elle préfère "savoir"  ;-)  ) que ce que je souhaiterais, en ayant soin d'avoir plein de traces écrites, comme autant de preuves que nous sommes des gens "bien sous tous rapports", ne sachant par avance à quelles personnes nous aurons à faire ni leur attitude vis à vis de la non-scolarisation, et ne me sentant pas la force de contrer les a priori et leur cortège de désagréments officiels (actuellement je n'ai pas une énergie à toute épreuve pouvant être dispersée de tous côtés...). C'est dommage. Pour nous, mais aussi pour l'Education nationale, et la population en général. Je pense que nous aurions tous à gagner à vivre dans une société autorisant l'innovation, la différence, et favorisant la confiance, plutôt que de continuer dans cette voie sclérosante du mimétisme et de la défiance systématique envers l'autre. Après tout, aurions-nous pu profiter du génie d'A. Einstein et d'autres savants géniaux s'il ne leur avait pas été permis de sortir des sentiers battus ? Pas sûre. Et je ne suis pas non plus certaine que l'on assiste à l'émergence de nouvelles personnalités toutes aussi géniales pour le devenir de notre monde dans les années à venir. Mais je dévie... Pour en revenir à mon avis sur les contrôles, j'aimerais voir un retour à une législation plus souple, à une harmonisation (dans le bon sens et favorable à la liberté pédagogique, bien sûr !) de la manière dont les contrôles se déroulent, et pourquoi pas, si on doit en passer par des contrôles, à un organisme/ministère style Education nationale mais dédié exclusivement à l'instruction hors école, une branche qui saurait de quoi il retourne et en accepterait la diversité ?


Et je ne résiste pas à un petit rappel des textes... A force de les répéter, peut-être qu'ils vont finir par être connus et ainsi cela va-t-il permettre de limiter les abus de l'administration...

Le contrôle de la mairie a lieu tous les deux ans, ce n'est pas un contrôle social, mais une enquête qui n'a que deux objectif : connaître les motifs de la nonsco et vérifier que l'enfant n'est pas laissé à l'abandon intellectuel :

Code de l'éducation, article L131-10
Les enfants soumis à l'obligation scolaire qui reçoivent l'instruction dans leur famille, y compris dans le cadre d'une inscription dans un établissement d'enseignement à distance, sont dès la première année, et tous les deux ans, l'objet d'une enquête de la mairie compétente, uniquement aux fins d'établir quelles sont les raisons alléguées par les personnes responsables, et s'il leur est donné une instruction dans la mesure compatible avec leur état de santé et les conditions de vie de la famille.

Le contrôle de l'inspection académique a lieu chaque année et a pour objet le contrôle de l'enseignement (et non des connaissances de l'enfant, comme le laisse croire une idée reçue) :

Code de l'éducation, article L131-10 :
L'inspecteur d'académie doit au moins une fois par an, à partir du troisième mois suivant la déclaration d'instruction par la famille, faire vérifier que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1.
Code de l'éducation, article D131-16 :
La progression retenue, dans la mesure compatible avec l'âge de l'enfant et son état de santé et sous réserve des aménagements justifiés par les choix éducatifs effectués, doit avoir pour objet de l'amener, à l'issue de la période d'instruction obligatoire, à un niveau comparable dans chacun des domaines énumérés aux articles D. 131-12 à D. 131-15 à celui des élèves scolarisés dans les établissements publics ou privés sous contrat.
Circulaire n°98-070 :
Le contrôle de l'instruction dans la famille par l'inspecteur d'académie doit donc se faire en référence à l'article 1er de la loi du 18 décembre 1998 et au décret n° 99-224 du 23 mars 1999, et non pas aux programmes en vigueur dans les classes des établissements publics ou privés sous contrat.

 

Posté par pepitedechocolat à 11:39 - La Farandole sans école - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 janvier 2008

Rythme non-sco et rythme scolaire

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Rythme non-sco et rythme scolaire ---

Quand j'ai proposé ce thème pour la FSE, j'avais en tête l'effervescence que connaissaient à ce moment-là bon nombre de foyers français aspirés par la spirale de la rentrée scolaire. Radios, TV, journaux, sites et forums web ne parlaient que de cette fameuse rentrée. J'ai été assez surprise de voir/lire que nombre de familles nonsco connaissent elles aussi un changement de rythme à cette période de l'année. Jusqu'à présent, nous avons jourjours vécu le mois de septembre comme n'importe quel autre mois de l'année. Notre rythme de vie et nos activités ne sont pas du tout influencées par le calendirer scolaire. Nous apprenons, que les écoliers soient ou non en vacances ; nous "paressons", que ce soient ou non les vacances scolaires. Ou plutôt, nous apprenons et paressons un peu chaque jour, chaque semaine, chaque mois. Les puces grandissent et progressent (oui, même lorsque nous ne faisons "rien" !) chaque jour un peu plus, quel que soit le jour. Ainsi, Puce a compris que p+a=pa un premier janvier, jour chômé pour les écoliers. Et nous n'avons quasiment rien fait de scolaire ou académique en octobre et novembre, mois travaillés en milieu scolaire. Nous n'avons pas une "rentrée" ou un retour au travail. J'achète papier, crayons, livres et cahiers tout au long de l'année, en fonction de nos besoins, de nos envies. Nous n'avons pas d'emploi du temps fixe et arrêté à l'avance. Je ne suis pas assez organisée pour cela, et de toutes façons il y a souvent un imprévu ou une envie (ou non-envie) qui vient modifier un éventuel planning. Nous nous organisons en fonction des obligations et des envies et possibilités. Et aussi en fonction de l'heure du réveil de chacun, puisque nous ne nous réveillons pas au bruit de la sonnerie du réveil, mais à la fin d'un cycle de sommeil (hormis le papa des puces...  :-(  ) En conclusion, le rythme scolaire n'influence pas notre vie familiale. Cela durera-t-il, une fois les puces concernées par l'obligation d'instruction ?

Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 15:45 - La Farandole sans école - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 novembre 2007

Nonsco et autres projets ou activités des parents

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Nonsco et autres projets ou activités des parents ---
(L'ief oblige-t-elle au moins l'un des deux parents à ne se consacrer qu'à ça, ou peut-on avoir d'autres projets ou activités, professionnels ou non, à côté ?)

Ne se consacrer qu'à l'IEF signifierait, pour moi, penser et agir IEF 24h/24, 7jours/7. Heureusement qu'on ne fait pas que penser à l'instruction jour et nuit ! Si c'est un choix d'instruction, voire même de vie, ce n'est pas pour autant une obsession  ;-)  Du moins chez nous. Comme je l'ai dit dans des billets précédents ( et entre autres), la nonsco, que ce soit sous forme d'instruction ou de sorties pédagogiques, ne me prend pas d'innombrables heures hebdomadaires. Ce qui me prend du temps, c'est d'être avec les puces, puisque je ne les confie pas à une institution, à une collectivité, ou à une personne que je payerais (ou non) pour cela. Le seul relais que j'ai actuellement, c'est le papa des puces. Et de très très rares fois [comme par exemple un après-midi cinéma  ;-) ], un papi/mamie ou une mamie des puces. Donc oui, je suis avec mes puces une grande, même très grand partie de mon temps. Mais être en présence de mes puces ne signifie pas toujours faire quelque chose avec elles 24h/24, 7jours/7. Non, je ne fais pas que m'occuper des puces (ni de ma maison d'ailleurs...). J'en suis tout simplement incapable. J'ai envie et besoin de faire autre chose aussi de mes journées et de ma vie. Je ne travaille pas au sens propre du terme (professionnel), mais j'ai des activités associatives qui me demandent parfois peu et parfois beaucoup de temps, que je vis le plus souvent comme un loisir mais qui sont aussi régulièrement un vrai travail avec des responsabilités et même parfois quelques aspects rébarbatifs. Il est vrai que nombre de mes activités ont lieu à domicile : je suis quelqu'un d'assez casanier, on ne se refait pas  ;-) 
Mais quand même, c'est pas complètement faux que le parent soit plus limité dans ses mouvements : il y a trois ans, j'ai dû renoncer à une formation que j'avais commencée. J'ai renoncé non pas à cause de la nonsco (puisque mes puces étaient encore bien petites), mais parce que je n'avais plus la disponibilité d'esprit et le temps de m'y plonger, justement parce que je passe beaucoup de temps avec les puces. Donc oui, je pense que choisir de s'occuper de ses enfants, c'est aussi faire le choix de ne pas être aussi libre de ses occupations que lorsqu'on est célibataire, ou même en couple sans enfants. Mais d'un autre côté, je suis loin d'être persuadée que passer 7 ou 8 heures quotidiennes dans un bureau, ou ailleurs, à travailler, permette d'être complètement libre de ses occupations.
Et puis je pense que la personne qui vit mal la situation aura l'impression de ne rien faire d'autre et de passer à côté de sa vie, et que la personne qui la vit bien aura l'impression de faire plein de choses super intéressantes. J'avoue que je passe régulièrement du verre à moitié vide au verre à moitié plein, selon les périodes.



Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 20:08 - La Farandole sans école - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 octobre 2007

Quel usage faisons-nous de la télévision et de l'ordinateur au quotidien ?

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Quel usage faites-vous de la télévision et
de
l'ordinateur au quotidien ?
---

Nous n'avons pas de télévision, donc première partie de la question terminée  ;-)
Nous avons un ordinateur qui est allumé une grande partie de la journée, et connecté à Internet tout aussi longtemps ou presque. Je suis l'utilisatrice principale de l'ordinateur. Pour faire des activités perso avec ou sans lien avec l'instruction, mais aussi dans le cadre de notre "école à la maison" [je mets des guillemets, je reviendrai sur ce terme un de ces jours, c'est un billet que j'ai en tête depuis quelques temps déjà, notamment depuis un billet de Lysalys ;-) ].
Moi :
- Avec Internet : recherche et échanges d'idées, d'infos sur des thèmes, de matériel pédagogique, de photos/illustrations, d'activités et de jeux pour les puces. Au tout début où j'avais Internet, j'ai mis plein de liens en favoris, pour "quand les puces seraient plus grandes". Certains me servent aujourd'hui, et d'autres ne nous auront jamais été utiles.
- Sans Internet : préparation et impression de documents/supports.
Les puces :
- Avec Internet : elles regardent des photos, des videos, jouent, etc.
- Sans Internet : elles jouent avec des logiciels de Lapin Malin [nous ne les avons pas tous, hein], des Toboclic, regardent des DVD (dessins animés, films en VF ou VO ou Vautre, et documentaires)
L'ordinateur nous sert aussi à partager des moments DVD en famille, etc.
Je me relis, et je m'aperçois que j'ai oublié des trucs : à l'époque où je m'intéressais à la méthode Boulanger, j'ai programmé mon écran de veille pour qu'il fasse défiler les mots que Puce et MiPuce connaissaient, les puces adoraient le regarder. Elles aimaient aussi que je leur ouvre Word pour taper des lettres, et cela a participé à leur apprentissage de la correspondance majuscule/minuscule. De temps en temps, elles écrivent un mail : elles me dictent les phrases, je leur épelle les mots et elles tapent les lettres.
L'ordinateur étant quand même un peu mon outil de travail, je ne le laisse pas en libre service aux puces. Probablement Sûrement un tort. Mais je ne peux pas me résoudre à prendre le risque de perdre mes fichiers, ou bien que l'ordi se mette à cafouiller plus que ce qu'il ne fait déjà. D'ailleurs je me surprends de plus en plus souvent à rêver d'un deuxième ordi, qui serait plus performant et qui me permettrait de laisser celui-là aux puces. Idée actuellement en réflexion et qui pourrait bien prendre le pas sur la précédente [qui était d'acheter un écran TV sans récepteur avec un lecteur DVD, mais à la réflexion un écran c'est bien plus limité qu'un ordinateur, et nous le rentabiliserions rapidement...]. Comme ça, nous ne nous disputerions plus l'ordinateur ;-)

Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 19:02 - La Farandole sans école - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 septembre 2007

Quelle vie après la nonsco ?

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Quelle vie après la nonsco ? ---

Ma première réaction face à cette question, c'est : "Chouette, enfin du temps pour moi, enfin du temps pour avancer et faire des trucs sans être interrompue !". Je me rends compte que, pour moi, cette question est un peu synonyme de "Que feras-tu quand tes enfants seront grands et partis de la maison ?", question à laquelle ma réponse est bien entendu la même. J’ai du mal à imaginer que mes puces soient scolarisées. Au moins autant, je pense, que la plupart des gens qui scolarisent sans se poser la question de la nonsco. Et là, vient la question : "Accepterais-je de scolariser mes enfants ?" Si je le fais, ce sera un peu contre mon gré, finalement. Non, ne hurlez pas : il y en a plein, des gens, qui refusent de faire l'école à la maison alors que leurs enfants ne veulent plus aller à l'école. La problématique est la même, il me semble [et j'aimerais bien que ceux qui disent que c'est pas pareil prennent le temps de m'expliquer en quoi ce n'est pas la même imposition du choix de l'adulte ? Ca m'intéresse... Après tout, dans la plupart des magazines parentaux, et même dans le mag de la CAF, on peut régulièrement lire qu'"une maman épanouie est ce qu'il y a de mieux pour son enfant" sous-entendant qu'une mère peut confier ses enfants à une tierce personne toute la journée pour aller s'épanouir professionnellement sans pour autant devoir culpabiliser de ne pas faire ce que son enfant lui demande, à savoir rester avec lui. Alors si s'occuper de ses enfants est épanouissant pour une femme, pourquoi ne pourrait-elle pas s'épanouir sans souffrir le regard culpabilisateur d'autrui ?] Mais comme je ne suis pas une maman autoritaire, je scolariserais mes puces si elles le souhaitaient. Quelle vie aurais-je si mes puces étaient scolarisées ? Elle serait bien moins libre : heures de lever et coucher imposées par les horaires d'école (pour les puces, mais aussi pour moi) ; allers-retours multi-quotidiens à l'école (ou aux écoles) quel que soit le temps, donc aussi sous la pluie (je n'ai pas de voiture) ; me taper tous les jours les embouteillages aux heures de pointe [sympa les gaz d'échappement pour les piétons] ; stresser tous les matins et midis pour arriver à l'heure [j'ai d'horribles souvenirs de retards à l'école, avec les humiliations et mauvaise humeur dirigée de la part de l'enseignant] ; avoir des puces énervées et fatiguées d'avoir dû rester silencieuses, concentrées et immobiles une grande partie de la journée ; devoir imposer quotidiennement aux puces de faire leurs devoirs alors qu'elles ont envie de faire autre chose après six heures à travailler [et c'est pas facile d'être crédible quant on doit obliger quelqu'un à faire quelque chose dont on ne voit pas l'utilité] ; être obligés de partir en vacances quand l'Education nationale nous y autorise, en même temps que tout le monde [vive les bouchons et les plein tarifs !] ; sans oublier le stress de la rentrée pour trouver le cahier de la bonne taille ou de la bonne couleur dans un délai précis, et le stress de la fin d'année et des conseils de classe qui, au lieu d'évaluer la qualité de l'enseignement du prof, évalueraient la qualité de mes puces et les jugeraient. Non, j'avoue que la perspective d'une scolarisation ne me réjouit pas du tout. Revivre ce que j'ai quitté il y a bientôt dix ans [wow, déjà ?!] ne me fait pas bondir de joie [mais je précise, au cas où, que notre choix de non scolarisation n’est pas juste un choix pour les parents, hein, j’en avais déjà un peu parlé lors d’un billet pour la FSE#1]. Certes, j'aurais plus de temps pour réaliser tous mes projets (si on omet les journées entrecoupées d'allers-retours scolaires), mais ce temps-là je l'aurais de toutes façons dans une quinzaine d'années, je veux bien attendre un peu, même si pour certains ce sera peut-être trop tard... Mais peut-être pas. Et puis, dans quelques années, les puces seront déjà plus grandes, et donc plus autonomes et indépendantes, et me laisseront donc plus de temps, et je n'aurais peut-être pas à attendre si longtemps. Mais revenons-en à l'éventualité de la scolarisation. Même si elle devait avoir lieu, cela ne signifierait pas pour moi le retour, non, l'aller au travail [puisque je n'ai jamais travaillé "pour de vrai", autre que job étudiant, seconder mon mari et boulot associatif] car je ne vois pas l'intérêt d'avoir une vie professionnelle [j'ai plein d'autres idées pour m'épanouir  ;-) ]. Sauf pour gagner de l'argent [dont on aurait bien besoin actuellement d'ailleurs...] mais qui ne me permettrait pas de vivre, finalement, comme je le veux [si, si, je pense à l'avenir, à ma "retraite", à tous les "et si...", comme tout le monde, mais je ne peux pas me résoudre à leur sacrifier mon présent. Travailler 20 ans en établissement scolaire dans le seul but de pouvoir ensuite travailler 40 ans en entreprise, juste par crainte des 10 ou 20 dernières années, ça ne me semble pas très rationnel, surtout que, de nos jours, ces 60 années à travailler n'assurent en rien une fin de vie paisible]. Bref, je ferais d'autres choses, pour moi, et aussi certainement dans l'associatif militant.
Serais-je perdue, désarçonnée, si mes puces étaient scolarisées demain ? Non, je le répète, je ne le crois pas une minute. J'ai une vie et  des envies en dehors de mes enfants. Je ne suis pas que mère et je saurais utiliser ce temps d'absence des puces (et non, je ne vous dévoilerais pas tous mes projets  ;-)  ). Mais je resterai mère, que mes puces soient ou non scolarisées. En cas de scolarisation, je ne délèguerais que l'instruction scolaire, je garde tout le reste, et aussi une partie de l'instruction  :-) 
J'ai longuement dit en quoi la scolarisation serait, pour moi, source de stress et de désagréments, limite d'esclavage. Mais il y a une chose positive dans la scolarisation : en plus du calme, ma maison resterait propre plusieurs heures consécutives. Et ça, ce serait vraiment un luxe appréciable, car ne j'aime pas, mais alors vraiment pas, ranger ou passer du temps avec mon balai et mon éponge.
Voilà pour mes quelques réflexions sur ce sujet, embryons de réponses a priori bien entendu, puisqu'il est certain que je ne connaîtrait vraiment la réponse à cette question que dans quelques années, si les puces demandent un jour à aller à l'école, ou au collège, ou au lycée.

Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 18:51 - La Farandole sans école - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 août 2007

Nonsco et regard des autres

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Nonsco et regard des autres ---

Certains membres de nos familles désapprouvent, mais ne disent rien ou plus rien. D'autres pensent que je veux jouer à la maîtresse et ferais mieux de faire l'IUFM pour ensuite être une vraie maîtresse [ah bah non, jamais ! Accompagner ses enfants n'a rien à voir avec enseigner en masse et en structure ! Et devenir enseignante signifierait scolariser mes enfants pour instruire ceux des autres... Cherchez la logique ! Et puis me rescolariser alors même que j'essaie de me déscolariser...]. D'autres encore sont inquiets que nos enfants puissent souffrir de marginalisation [mais on ne peut être marginalisé que si les autres nous mettent à l'écart, pas l'inverse, puisque nous ne sommes pas dans le rejet], qu'ils n'aient pas les mêmes cursus et niveaux scolaires que les autres enfants [et cela arrivera peut-être puisque je ne suis pas le programme de l'Education nationale, car sinon comment personnaliser les apprentissages ?]. Il y a ceux qui posent la question : elles savent lire ? Ecrire ? Compter ? L'histoire ? La géo ? Etc. [Difficile de répondre avec précision, car je ne les teste pas, et je pense qu'elles en savent plus que je ne le crois... D'ailleurs, elles me le prouvent régulièrement !] Il y a des amis qui se disent ouverts et respectueux, mais qui ne le sont pas : "Ah oui, c'est un choix intéressant, je ne le ferais pas, mais pourquoi pas si ça vous plaît." Et quelques minutes plus tard, sur le même sujet : "Tes enfants seront prêts à se séparer de leur mère avant toi !"
Il y a aussi tous ces gens que nous ne connaissons pas et que nous croisons dans notre vie quotidienne. Ceux qui s'étonnent : "Il n'y a pas école aujourd'hui ?", mais qui écoutent la réponse sans perdre le sourire. Et ceux qui s'offusquent sur un ton de réprimande, sûrs de leur bon droit : "Et l'école alors ?" Il y a des personnes ouvertes "Ah oui, c'est bien", mais qui tout de suite se justifient de ne pas faire le même choix "Quel courage ! Moi, je ne pourrais pas !" Certains s'inquiètent : "Mais vous êtes bien encadrés, n'est-ce pas ?", et ma réponse les rassure sans les rassurer : "Nous sommes contrôlés au minimum 15 fois en dix ans au niveau pédagogique et social. Mais nous avons une liberté pédagogique quasi-totale, plus grande que celles des professeurs."
Enfin, mais ce sont les moins nombreux, il y a ceux qui veulent en savoir plus, qui imaginent, qui se projettent ou non, mais qui restent réellement ouverts. Et il y a ceux qui nous font confiance, et ceux-là je les en remercie.

Je constate que ceux qui sont opposés à l'instruction en famille sont ceux qui ont le moins de connaissances sur ce sujet. Comme on dit, c'est celui qui en parle le plus qui en mange le moins ! Il est plus facile de se reposer sur des préjugés que de s'informer valablement. J'ai beau le savoir, je suis toujours étonnée de la véhémence avec laquelle certains se positionnent sur un sujet qu'ils maîtrisent mal, et qu'ils ne souhaitent apparemment pas mieux connaître. On dit souvent que l'inconnu fait peur. Et je pense que c'est le cas pour l'IEF.
Dans le dernier bulletin de LEDA, une adhérent a publié un texte fictif : une interview d'un parent scolarisant dans une société où la norme est l'instruction en famille. D'après les questions du journaliste, on comprend que scolariser son enfant, dans cette société, revient à favoriser l'épanouissement professionnel et social du parent au détriment de l'épanouissement affectif, social et culturel de l'enfant. Je me demande dans quelles mesures les parents scolarisant leurs enfants ne se sentiraient pas culpabilisés, voire insultés, par de tels propos. C'est parfois ce que je ressens devant des écrits [Internet fait perdre parfois respect et recul !] ou des paroles malveillantes, et face à leurs auteurs tellement sûrs de leurs affirmations, comme s'il n'y avait qu'une vérité.
Récemment, j'ai eu une discussion à bâtons rompus sur la nécessité de contrôler les familles nonsco 15 fois en 10 ans par enfant (je précise bien par enfant, et je vous laisse faire le calcul pour des familles ayant deux enfants ou plus. Je trouve le nombre de contrôles assez hallucinant...). La réponse est toujours la même. Après le "oui, mais quand même, on ne peut pas faire n'importe quoi avec ses enfants" [ce avec quoi je suis bien d'accord] ne tarde pas à venir le "non, bien sûr, pas vous ! Vous, vous vous occupez bien de vos enfants. Mais c'est pour les autres que je parle". C'est récurrent : la personne en face de nous est bien [puisqu'on la voit...], mais ce sont tous ceux qu'on ne connaît pas qu'il faut suspecter, ceux et ce qu'on ne connaît pas... L'inconnu, donc... On en revient toujours à cette peur de l'inconnu. Mais un jour viendra où choisir l'IEF sera banal, au moins autant que de mettre ses enfants dans le privé. Et alors le regard de l'autre ne sera plus empreint d'étonnement, de peur, de suspicion. Et peut-être même qu'un jour l'inconnu et la différence ne seront plus sources de peurs et de suspicions, mais au contraire une possibilité de découverte et de partage... Faut y croire...!

Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 15:32 - La Farandole sans école - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 juin 2007

Nonsco et responsabilité des parents

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Nonsco et responsabilité des parents ---

Je suis en retard... mais je suis là  :-)

Une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de ne pas scolariser nos puces est que nous ne souhaitons pas déléguer l'éducation de nos enfants à d'autres. L'instruction est une part importante de l'éducation, et nous trouverions dommage de ne pas y participer. Mais il est vrai que quand j'y pense, cela me donne parfois le vertige de savoir que je suis responsable de "tout ça", et qu'en cas d'échec je serai désignée comme étant la principale fautive, voire même la seule fautive [ben oui, c'est bien connu, quand tout va bien, c'est normal, mais quand il y a un problème, c'est toujours la faute des parents]. L'avantage de l'école, c'est que s'il y a un défaut d'éducation [un exemple au hasard : les gros mots  ;-) ], on peut toujours dire que c'est à l'école que l'enfant apprend tout ça [chez nous, ben, euh... bon, d'accord, c'est ma faute... Et voilà, c'est bien ce que je vous disais, toujours la faute des parents !  :-D ], et quand il y a un défaut d'instruction, la faute retombe sur la méthode, l'enseignant et/ou l'enfant. En tant que parents nonsco, il est difficile de se défiler, et je suis constamment en recherche de réponses à mes questionnements et re-questionnements. Car ce n'est pas toujours facile de se dire qu'on est peut-être en train de se tromper. Et se savoir responsable d'un manquement vis à vis de son enfant, c'est terrible. Du moins pour moi. Alors je cherche ces réponses, tout en sachant pertinemment qu'elles n'arriveront qu'a posteriori, une fois que mes puces seront grandes. Aujourd'hui, je suis sûre de notre choix de nonsco, mais mes questionnements et mes recherches sont à l'intérieur de ce choix qui offrent tant de possibilités... Il y a la responsabilité vis à vis du choix du mode d'instruction et de sa mise en oeuvre. Mais il y a aussi une grande responsabilité dans les valeurs que l'on essaie de transmettre et la manière dont on s'y prend. On reproche souvent aux parents nonsco de risquer de ne transmettre à leurs enfants qu'une seule vision complètement subjective du monde. Je doute qu'il soit possible de "tromper" nos enfants, puisque nos enfants côtoient d'autres personnes [ils sont socialisés quand même, ils ne vivent pas reclus dans un placard  ;-) ]. J'ai des valeurs et une certaine vision de notre société, que je partage avec le papa des puces ; nous ne les imposons pas, mais nos puces baignent dedans, et elles sont certainement influencées. Je ne me sens pas coupable de cela, car je ne les enferme pas dans notre mode de pensée, et nos réflexions évoluent, etc. Ma responsabilité est au-delà de la simple transmission des savoirs. Je pense que la manière dont on s'instruit en famille fait partie intégrante de la manière dont les enfants peuvent et pourront appréhender le monde qui les entoure et se faire leur propre idée. Je pense que ma responsabilité en tant que parent nonsco, c'est d'admettre que je ne sais pas tout sur tout. Personne ne peut détenir la vérité absolue sur tout. Et le fait que mes puces puissent me poser toutes les questions qui leur passent par la tête leur permet d'expérimenter cela et d'apercevoir mes limites. [Un petit pamphlet sur l'école ? Allez, un petit pamphlet sur l'école ! Je pense que l'école est trompeuse sur ce point, et c'est peut-être la raison pour laquelle tant de personnes ne peuvent concevoir que l'école puisse ne pas être le meilleur lieu et moyen d'apprendre. Pendant de nombreuses années, on rabâche aux enfants qu'ils sont obligés d'aller à l'école car c'est là que se trouvent les savoirs et qu'ils apprendront tout ou presque. Et quand un enfant pose une question à un enseignant, l'enseignant connaît la réponse, presque toujours ! Forcément, puisque l'enfant ne peut lui poser que les questions en lien direct avec l'activité scolaire. Je trouve cela très trompeur, car cela laisse croire aux enfants, puis aux adultes qu'ils deviennent, qu'un enseignant sait tout. Et cela fait croire à nombre de personnes que pour enseigner il faut donc obligatoirement un diplôme d'enseignant ! Mais on oublie que les enseignants préparent leur cours afin de cerner le sujet et parfois aussi les thèmes connexes. Bref, tout n'est pas appris dans les cours qui mènent au fameux diplôme, mais s'apprend au fur et à mesure de la pratique... comme pour les parents qui ont choisi l'instruction en famille !] Je pense qu'il est de ma responsabilité de permettre à mes puces d'avoir un esprit critique, et pour cela je pense qu'il est important que je sache leur montrer que je ne sais pas tout et que certaines questions sont pour moi sans réponses précises, voire même que je peux me tromper. Répondre "je ne sais pas", c'est permettre à l'enfant de chercher la ou sa réponse, c'est lui permettre de construire une réflexion pour trouver une ou la réponse ; c'est laisser la possibilité de l'imperfection ; c'est aussi se donner la possibilité d'aller chercher la réponse dans un livre ou auprès d'une autre personne, c'est apprendre à chercher, et se confronter à des modes de pensées différents. Je trouve aussi très intéressant que lorsque je donne une réponse une autre personne donne une autre réponse à la même question [même si aïe l'amour propre...]. Cela contribue à ne pas faire de moi la source unique de savoir et de pensée, de ne pas me transformer en référent unique et "officiel". Bref, ça me descend du piédestal sur lequel mes puces pourraient me mettre  ;-)  Et cela permet aussi de garder une certaine humilité quant aux savoirs : les connaissances d'aujourd'hui ne sont peut-être pas la connaissance définitive, et les interprétations peuvent évoluer [comme la Terre qui était plate et qui est un jour devenue ronde, ou bien le soleil qui tournait autour de la Terre s'est un jour mis à faire tourner la Terre autour de lui, et toutes ces théories qui ont un jour été clamées haut et fort pour ensuite être revues et corrigées -faire dormir les bébés sur le ventre, l'épisiotomie, manger de la viande tous les jours, etc...].
J'ai l'impression que mon billet est un peu brouillon et confus... C'est que c'est un sujet complexe, la responsabilité... Et je n'ai pas encore fini d'en faire le tour ! Tant pour ce billet, que dans la vie en général... Je pense que notre responsabilité en tant que parents non scolarisants est plus forte que la moyenne parce que faire ce choix n'est tout simplement pas banal (pas encore  ;-)  ), et parce que choisir de sortir des sentiers battus c'est devoir tracer son propre chemin sans savoir avec certitude où cela nous mène. Nous avons tendance à nous interroger et à nous triturer les méninges certainement plus que le strict nécessaire. Mais ça fait avancer ! Je pense aussi qu'il y a plusieurs manières d'envisager la responsabilité. Elle peut parfois (souvent ?) être relative à ce que l'entourage et/ou la société met derrière ce mot, et au regard porté par eux sur nos choix. Il y a la responsabilité que l'on ressent, et celle que l'on nous met sur les épaules. Pas toujours facile de démêler les deux.
Choisir de faire naître un enfant aujourd'hui, dans nos sociétés où il n'y a plus tout un tissu social affectif autour des parents, ou plutôt de l'enfant, et où les parents sont régulièrement considérés comme potentiellement néfastes pour leurs enfants, est un sacré défi et fait peser pas mal de responsabilités sur les épaules des parents. Responsabilités d'autant plus importantes que les parents font le choix de ne pas confier leurs enfants à l'Etat, et d'assumer toutes les facettes de leur éducation. Oui, accompagner un enfant pendant de nombreuses années, avec tout ce que cela implique, c'est un sacré défi. Il y a de quoi avoir le vertige, nonsco ou pas d'ailleurs  ;-)

Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 18:39 - La Farandole sans école - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 mai 2007

Aspects financiers de la "non-sco"

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Aspects financiers de la "non-sco" ---

Une chose est sûre : l'instruction en famille n'est pas réservée qu'aux nantis ou à une certaine élite. Sinon nous ne serions pas dans cette aventure  ;-)  Nous sommes une famille mono-active, un seul salaire donc. Mais ce choix n'a rien à voir avec la nonsco, ni avec le fait d'avoir des enfants. J'ai fait le choix de ne pas avoir d'activité professionnelle avant même d'avoir des enfants [à vrai dire, j'y pensais déjà avant d'avoir fini mes études...] pour des raisons plutôt idéologiques, sans lien avec notre situation matérielle (sinon, je serais au boulot et mes enfants à l'école...) [Non, je ne suis pas une feignasse ! Je préfère mettre mon énergie et mon savoir-faire au profit d'associations véhiculant des valeurs auxquelles je crois plutôt qu'au profit d'un système économique dont les valeurs me semblent complètement désuettes, hors-jeu et hors vie]. Ceci pour expliquer que le choix de ne pas scolariser n'a pas été mis en balance avec un emploi ou une situation financière antérieure. Nous n'avons pas non plus une situation financière mirobolante, et le SMIC à 1500 euros, on aurait bien aimé !  ;-)  Voilà pour planter le décor.
Est-ce que ce choix est cher ? Je dirais non. En pratique, nous n'avons pas de grosses dépenses liées à notre choix d'instruction. Peut-être parce que nos enfants sont encore petits [enfin, j'imagine que c'est une des raisons, l'avenir confirmera ou infirmera cette supposition  ;-) ]. Et comme je n'ai aucune idée de ce que les familles scolarisantes dépensent pour leurs enfants scolarisés, je ne peux pas dire si c'est plus ou moins. Nos dépenses principales (mais pas forcément régulières) :
- livres, principalement d'occasion (via eBay, PriceMinister), et parfois neufs (quand je ne trouve pas d'occasion, ou quand je craque  ;-)  , ainsi que les cadeaux que reçoivent les puces pour les anniversaires, Noël, etc...)
- quelques cahiers de coloriages, d'auto-collants et parfois aussi cahiers dits "de vacances" [c'est tous les jours les vacances chez nous !  :-D ]
- des DVD, car nous n'avons pas la télé (dessins animés, documentaires)
- des jeux/activités sur ordinateur (Lapin Malin, Toboclic)
- éditions Atlas (fiches et/ou livres, et seulement les premiers envois à 2 euros)
- et bien entendu les trucs basiques, comme les feutres, la colle, des gommettes, etc.
- et aussi, mais moins souvent, du matériel plus spécifique (rêglettes Cuisenaire, Attrimaths, etc) et/ou des jeux.
Le budget mensuel varie beaucoup et je dirai que ça peut aller de 10 euros à 40 euros en moyenne. Mais je pense que si nos puces étaient scolarisées nous achèterions probablement quand même ces supports, ou du moins une grande partie.
Ca, c'est pour les supports payants, mais il y a aussi tous les supports d'apprentissage qui ne coûtent rien et dont nous usons régulièrement : via Internet, mais aussi le jardin, les jeux, les discussions, etc.
Voilà pour l'aspect coûteux de la nonsco chez nous. La nonsco nous évite aussi des dépenses :
- économie de vêtements : je fais comme faisait ma grand-mère : à la maison pas besoin d'être tiré à quatre épingles, il y a les habits pour la maison et les habits pour les sorties. Ce qui ne veut pas dire qu'on est habillé comme des sacs  ;-) Ce qui ne plairait pas du tout à Puce qui est très coquette et fait très attention à son apparence [oui, déjà ! Et ce n'est pas de moi qu'elle tient ça !]. Nous sommes habillés simplement, et s'il y a une tâche ou un accroc, c'est pas grave, ça ne nuit en rien aux jeux, au jardinage, aux activités sur ordi, etc.
- économies "logistiques" : moins de frais automobiles [nous n'avons qu'une voiture, donc qu'une seule assurance et nous n'avons pas à dépenser de carburant pour les deux ou quatre trajets scolaires quotidiens], pas de frais de cantine, de goûters...
- et pour l'instant nous échappons aux phénomènes de mode qui incitent les enfants à posséder telle chose ou telle marque.
En conclusion... Ben... euh... Faut une conclusion ? Non ? Chouette, parce que je ne savais pas comment conclure  ;-)

Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 19:03 - La Farandole sans école - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 avril 2007

Sans école, les pour et les contre

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Sans école, les pour et les contre ---

Je ne vais citer que 3 avantages et 3 inconvénients, pour ne pas faire de favoritisme, et surtout parce qu'il est impossible d'être exhaustif  ;-) 

Les inconvénients de la nonsco :
- ne jamais avoir un moment vraiment à moi : mais c'est normal, je pense, mes Puces sont encore petites... D'ici quelques années à peine, elles auront leurs activités et auront moins besoin de ma présence, de mon attention, de mon regard, ou de la présence de leur papa (faut pas l'oublier, le papa !). En attendant, je n'ai que très peu de temps pour moi. J'ai tenté de me lever plus tôt pour avoir un peu de temps, mais ça n'a pas durer, je ne suis pas faite pour me lever tôt  ;-)  Alors j'ai tenté de me coucher plus tard. C'était sans compter que nos puces vont se coucher dès qu'un adulte est couché, donc jamais très tôt [Tiens, un jour, il faudra faire les plus et les moins du co-sleeping  ;-) ] , ce qui signifie que si je veux du temps pour moi tard, je dois me coucher très tard, donc du coup je suis trop fatiguée pour vraiment profiter. Une solution serait de louer les services d'une baby-sitter de temps à autre, mais je suis contre le fait de payer quelqu'un pour passer du temps avec mes enfants, d'autant plus que le gardiennage d'enfant ne peut être séparé de l'affectif des enfants, et je ne suis pas capable de mélanger affectif et argent...
- une maison en bazar 7 jours sur 7 : la maison étant constamment habitée, elle n'est jamais rangée et propre. C'est un des avantages de la scolarisation : on paie d'autres personnes pour ranger le bazar que les enfants font ailleurs  ;-)  Alors qu'en cas de nonsco, le bazar il est fait à la maison, et le ménage ne tient jamais plus de 10 mn. Surtout avec une Tit-Puce qu'on a fini par surnommer Taz... D'ailleurs, j'ai abandonné : je fais le ménage une à deux fois par mois (hormis certaines petites choses rapides que je fais plus souvent, faut pas exagérer non plus  ;-)  ). Je préfère y passer une journée une fois par mois qu'une heure chaque jour, au final ça fait quand moins de temps passer avec mon éponge et mon balai  ;-)  L'inconvénient, c'est que ma maison est rarement présentable  :-(  Mais comme le dit le petit écriteau sur ma porte d'entrée : "Cette maison est suffisamment propre pour y vivre sainement et suffisamment sale pour y vivre heureux" :-)
- devoir subir une enquête à caractère social, comme si nous étions des parents plus maltraitants que ceux qui scolarisent leurs enfants, comme si nous étions forcément plus à risque de déviances que n'importe quel autre parent. Je trouve cela humiliant. Et stressant, car je suis archi-nulle en ménage et en rangement  :o)  et donc ma maison n'est JAMAIS nickel. Et devoir organiser sa maison en fonction des valeurs de quelqu'un d'autre, bof  :-(  De plus, je n'ai pas envie qu'une personne extérieure qui ne nous connaît pas vienne juger notre vie et nos choix [d'ailleurs, je ne l'accepte pas non plus des personnes qui nous connaissent  ;-)  ], comme si certains choix étaient mieux que d'autres. Sur quelle échelle de valeur, d'ailleurs ? Sur une échelle normative qui nie les différences individuelles et culturelles, et qui interdit de vivre autrement que les autres [pourtant, c'est la mode en ce moment le "autrement", y'a qu'à voir le nombre de magazine qui s'appellent "quelque chose autrement"  ;-)  ]. Vivre autrement, faire des choix différents ne signifie pas maltraiter ses enfants. Mais c'est pourtant ce que la plupart croient, en trouvant normal que seules les familles nonsco soient inspectées. Pourtant, les milliers de signalements annuels concernant les enfants maltraités concernent des enfants scolarisés pour la trèèès large majorité. Alors pourquoi pas aussi un contrôle à caractère social pour les familles choisissant de scolariser leurs enfants ? Et ne me dites pas que c'est parce que l'école a un rôle de dépistage, parce que l'école ne vient pas voir les conditions de vie de l'enfant !

Les avantages :
- pouvoir vivre à notre rythme : ne pas se lever trop tôt alors qu'on a encore sommeil, ne pas réveiller les enfants avant qu'il n'aient fini leur cycle de sommeil, pouvoir organiser nos journées en fonction de notre rythme propre. Nous avons un rythme de vie "tard" et pas franchement réglé comme du papier à musique : on se lève tard (rarement avant 9h30, et parfois à 11h), on mange tard (déjeuner entre 14h et 16h, dîner entre 20h et 22h, selon plein de paramètres variables), on se couche tard (entre 23h30 et 1h du matin). On nous a souvent reproché notre rythme, alors nous avons souvent essayé de vivre plus "tôt", mais si nous y arrivons pendant quelques jours, le naturel revient vite au galop et nous sommes à nouveau "en retard" pour nous lever, manger, sortir et nous coucher. J'ai donc décidé de ne plus culpabiliser, nous avons choisi de vivre à notre rythme, celui qui nous convient, et tant pis s'il n'est pas conforme au rythme le plus souvent rencontré  :-)  Certes, ce rythme a aussi des inconvénients, car nous sommes en décalage avec les autres, avec les ouvertures des magasins, etc., mais il nous permet de vivre sans le stress des horaires et sans devoir interrompre une activité "parce qu'il est l'heure". Pouvoir vivre à notre rythme, c'est aussi pouvoir organiser nos journées en fonction de nos envies et aussi parfois obligations, mais toujours majoritairement en fonction de nous et non d'un emploi du temps décidé par d'autres et qui a parfois des allures de diktat. C'est aussi pouvoir partir en vacances quand on le souhaite, et non uniquement quand l'Education nationale nous y autorise. Le papa des Puces n'a pas de weekend (seulement le dimanche) et en compensation il a une semaine de RTT tous les 3 mois, donc souvent hors congés scolaires [cela dit, je préfèrerais parfois qu'on ait des weekend comme tout le monde, et pas de RTT, parce que les semaines de 6 jours, c'est long et un jour pour souffler c'est trop court]. Je me demande souvent comment font les familles pour réussir à être en vacances tous en même temps quand le papa travaille, la maman travaille et les enfants vont à l'école. Ca ne doit pas toujours être simple de réussir à concilier 3 emplois du temps. L'avantage aussi de partir hors vacances scolaires, c'est qu'il y a plus de place, et que les tarifs sont moins chers  ;-)  Cela dit, nous ne partons pas souvent...
- respecter la spécificité de nos enfants dans leurs manières d'apprendre. C'est important, je trouve, de respecter la façon dont nos Puces apprennent, les suivre dans ce qu'elles ont envie de découvrir, d'expérimenter, plutôt que leur imposer tel apprentissage à tel moment. C'est préserver le plaisir d'apprendre aussi. Nos Puces ne sont pas "extraordinaires" (dans le sens des spécificités reconnues et autorisées), je pense qu'elles sont dans la norme attendue. Mais elles sont toutes les trois différentes.  Et j'ai envie de leur laisser le droit d'apprendre différemment des choses différentes (ou identiques !). A la maison, il est possible d'utiliser diverses pédagogies pour un même sujet. Si l'enfant n'accroche pas avec l'une, on peut passer à une autre, ou encore une autre [pour la lecture, nous avons abordé trois méthodes à des périodes différentes -je précise que Puce et MiPuce étaient à l'origine de la demande d'apprendre à lire, je n'ai rien forcé  ;-) - et maintenant il y a un peu moins d'intérêt, et je fais aussi une sauce plus personnelle quand l'intérêt pour l 'apprentissage surgit -aucune ne sait encore lire]. On ne parle pas en terme de perte de temps (puisqu'il n'y a pas un programme à boucler, un planning à suivre), mais en terme d'approches différentes et complémentaires. S'il y a une difficulté, on peut aussi la contourner sans frustrer l'enfant ou lui donner un sentiment d'échec [Puce refuse de se frotter au "e" ou "é" ou "è" et encore moins au "ê" ! Pas grave, on fait sans, c'est moi qui dit quand on le trouve]. Sentiment d'échec souvent alimenté par un système de notation que je juge obsolète et qui n'a jamais été légitime à mon avis. Ce système de notation et d'évaluation n'a pas lieu d'être à la maison, du moins dans notre maison  ;-)  Il suffit souvent de regarder son enfant, de discuter avec lui ou de l'écouter/le reagarder jouer pour savoir où il en est, pour savoir ce qu'il a compris ou non [mais pourquoi est-ce important de le savoir précisément ? ça, c'est une bonne question ! Peut-être pour vérifier qu'il entre bien dans les petites cases prévues pour son âge ? Ou ??]. Je suis attachée à la liberté pédagogique [d'ailleurs je pense que les enseignants devraient aussi avoir droit -pour de vrai, hein, pas que sur le papier...- à cette liberté pédagogique].
- profiter du beau temps : depuis que le beau temps revient, je me dis que vraiment je n'aimerais pas savoir mes Puces enfermées dans une salle de classe alors qu'elles peuvent profiter de jouer, courir, faire du vélo et s'en donner à coeur joie dehors. Comment peut-on réussir à tenir un enfant immobile alors qu'il y a tant à faire dehors ? Ces jours-ci, mes Puces font des soupes de tulipes, jonquilles et soucis [certes, si elles étaient à l'école j'aurais plus de fleurs dans le jardin ! mais elles me font aussi de jolis bouquets  :-) ], elles "travaillent" la terre avec la fourche et leurs pelles et rateau, elles courent, font du vélo ou se promènent sur la place pendant une ou deux heures, elles chantent et crient, elles s'inventent des histoires, bref elles vivent leur vie d'enfant  :-)  Elles profitent des doux rayons du soleil avant qu'ils ne soient trop chaud et nous grillent  ;-)  Profiter du beau temps, c'est aussi en profiter en famille, et donc profiter d'être une famille. Tiens, je déroge à ce que j'avais dit au début de ce post, et j'ajoute un 4e avantage :
- vivre en famille, ensemble et pas à côté : ne pas scolariser ses enfants, ça signifie inmanquablement passer plus de temps ensemble. C'est important, pour moi, cette notion de "ensemble", car souvent les membres d'une même famille vivent leur vie chacun de leur côté et n'en partagent que ce qu'ils en racontent. Je ne peux pas concevoir le partage sans être ensemble, partager un moment signifie le vivre ensemble, pas se raconter ensuite ce qu'on a fait de différent à deux endroits différents à la même heure. J'aime savoir que je partage des moments importants avec mes puces, comme leurs premières fois qui m'émeuvent toujours autant (premiers pas, premiers mots, premiers dessins, premiers écrits, etc), leurs interrogations, les moments câlins, les lectures d'histoire, les courses dans le jardins, etc., mais aussi des moments moins importants comme les courses, les démarches administratives, la vie quotidienne et sa routine en somme, parce que finalement chaque instant est important. Et ces instants ne durent pas si longtemps en définitive, à peine quelques années. J'imagine une route assez large pour que nous puissions marcher tous les 5 en nous tenant la main. De temps en temps, une main se lâche pour cueillir une fleur ou un brin d'herbe sur le bord de la route ou pour courir sur le petit chemin qui longe notre route, puis la main revient sur cette route que nous partageons. Voilà comment je souhaite notre vie de famille. Ensemble. Et non à côté, chacun marchant sur un chemin séparé plus ou moins parallèle. Et c'est la nonsco qui nous permet de vivre vraiment ensemble, et non à côté les uns des autres  :-)

Je me relis, et je constate que j'ai beaucoup plus développé la partie "avantages" que la partie "inconvénients". Peut-être simplement parce que s'il y avait plus d'inconvénients que d'avantages, plus de désagréments que de valeurs importantes à nos yeux, nous n'aurions certainement pas choisi l'option non scolarisation  ;-)

Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 04:36 - La Farandole sans école - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2007

Mais euh, et la socialisation, alors ?

La Farandole Sans Ecole... une main qui tient une main qui tient une main qui tient une main... des chants et  de la musique, des couleurs et des rythmes qui varient d'une main à l'autre... tout ça pour une longue et belle farandole...

--- Mais euh, et la socialisation, alors ? ---

La socialisation ! Un grand mot qui donne bien des maux à l'instruction en famille, tant ce mot semble détenir toute les vertus, et tant on s'imagine que l'instruction en famille ne peut rimer avec socialisation. Mais d'abord, je jette un oeil dans mon dictionnaire [un vieux Petit Larrousse Illustré de 1982, j'aime bien les vieux dicos, je trouve qu'ils ont un vocabulaire plus riche et plus authentique]. Alors cherchons d'abord socialisation...
Socialisation : Action de socialiser.
Bon, ça m'avance bien, ça. Donc cherchons socialiser...
Socialiser : verbe transitif. [Donc on ne peut pas se socialiser (ni le dire...), on ne peut que socialier quelque chose ou quelqu'un. Du moins en 1982, c'était comme ça  ;-) Continuons...] Déposséder par rachat, expropriation ou réquisition les personnes propriétaires de certains moyens de production ou d'échange, au bénéfice d'une collectivité.
Tiens, c'est intéressant, ça... Mais c'est pas très clair... Donc socialiser son enfant, ce serait le déposséder de... de quoi, d'abord ? d'un moyen de production, il dit, le dictionnaire... donc ce serait le déposséder de sa force de travail ? Moui, pourquoi pas. Ou d'un moyen d'échange, il dit aussi, le dictionnaire. Ce qui voudrait dire le déposséder de sa manière de communiquer ? Ah, peut-être... Enfin, en tout cas, la définition finit par "au bénéfice d'une collectivité", donc on le dépossède de sa capacité de travail ou de son moyen de communication au profit du pays. Tiens, je voyais pas la socialisation comme ça, mais bon, c'est le dictionnaire qui dit ça.
Ah, mais y'a une autre définition après,j'avais pas tout lu ! C'est peut-être pour ça que je ne voyais pas le sens de cette définition qui mettait l'individu, ou plutôt ses capacités, au service du pays... Alors allons voir cette deuxième définition :
Socialiser : Adapter un individu aux exigences de la vie sociale.
Ah, ben déjà, ça me semble un peu plus d'à propos. Quoi que, à y réflêchir, le sens n'est pas si éloigner. Là on ne dépossède plus, on adapte. Une question de nuances...
Donc, socialiser, c'est adapter à la vie de la collectivité [je viens de regarder à "social", je vous épargne la définition  ;-) ]. Adapter. Façonner de l'extérieur, donc, puisque que socialiser est transitif, et adapter aussi. Mais revenons-en à nos moutons : la socialisation et l'instruction en famille. Si socialiser un enfant, c'est l'adapter à la vie sociale, je ne vois pas en quoi l'instruction en famille ne permet pas ça ?! Pourtant c'est ce que l'on reproche souvent -à tort- à l'instruction en famille [en est témoin la fameuse question "Et la socialisation, alors ?", ou une de ses nombreuses variantes, si souvent entendues et lues]. Il me semble que les parents sont les premiers à pouvoir montrer à leur enfant [on sait maintenant que les enfants apprennent bien plus, et surtout mieux, en imitant, donc par l'exemple, qu'en apprenant par coeur les leçons théoriques sur le comment on se tient dans telle situation sociale. Ca me fait penser à la boutade "Fais ce que je dis, pas ce que je fais". Tout le monde sait bien que c'est pas comme ça que ça marche, ça serait trop simple !  ;-) ] je disais donc qu'il me semble que les parents sont les premiers à pouvoir montrer à leur enfant comment on doit se comporter dans la vie en société. Pourquoi ? Tout simplement parce que les enfants imitent leurs parents, les voient vivre et évoluer dans la société [l'instruction en famille permet aux enfants d'accompagner leurs parents dans la "vraie" vie, enfin chez nous c'est comme ça]. Et aussi parce que ce sont les parents qui éduquent [même si j'aime pas ce mot, c'est celui qui est couramment utilisé... mais je préfère accompagner...] les enfants, c'est à eux -les parents donc- qu'incombent cette responsabilité [et non à l'EN, qui confond d'ailleurs éducation et instruction, on devrait proposer que soit renommer ce ministère en Instruction nationale, ça serait quand même plus proche de son objet et de son but... quoi que, à y réflêchir, si les enfants passent la plus grande partie de leurs journées avec le personnel de l'Education nationale, ben, ils ont peut-être raison de l'appeler comme ça, car un enfant apprend avec les personnes avec qui il passe du temps, donc si c'est l'EN...].

Voilà pour la partie théorique, ce que dit le dictionnaire de ce qu'est la socialisation. Mais perso, j'entends plus souvent "Et la sociabilisation, alors ?" Pas la socialisation, hein, la sociabilisation. Allez, je ressors mon Petit Larrousse :
Sociabilisation : zut, ça n'existe pas ! Bon, je vais chercher à sociabiliser alors...
Sociabiliser : re-zut, ça n'y est pas non plus ! Par contre, il y a sociabilité, c'est peut-être ça que les gens veulent dire avec "sociabilisation" ?? Un mix entre socialisation et sociabilité ? Alors, que dit le dico là-dessus ?
Sociabilité : Qualité d'une personne sociable. Ben tiens, ça m'aurait étonnée, ça. Vous avez remarqué, vous aussi, comment, pour trouver la définition d'un mot, il faut généralement en étudier plusieurs ?!! Allez hop, allons voir l'adjectif...
Sociable : Qui recherche la compagnie de ses semblables. Ah. Donc il faut apprendre à nos enfants à préférer être avec d'autres, à être en groupe ? Tiens, c'est étrange de vouloir absolument que les enfants aiment les activités de groupe. Pourquoi devrait-on préférer le sport collectif au sport individuel ? C'est une affaire de goût, ça, non ? Enfin, cela dit, je ne vois pas en quoi l'instruction en famille empêcherait les enfants de rechercher la compagnie des autres. Il y a plein de choses qu'on peut faire pour trouver d'autres personnes et faire des trucs en groupe sans aller 6 à 8 heures par jour à l'école : les activités extra-scolaires, les sorties aux parcs, jardins, ludothèques et autres lieux publics, les activités associatives, voir des amis, les rencontres entre familles nonsco [et pour ceux qui disent que c'est pas bien parce que les enfants nonsco restent "entre eux", je ne vois pas où est le problème ? Les enfants scolarisés restent aussi entre eux que je sache, non ? Ben alors quoi ? Et puis de toutes façons, c'est pas vrai, les enfants nonsco cotoyent aussi des enfants scolarisés, puisqu'on ne peut pas dire qu'il y ait un grand nombre de familles nonsco en France pour l'instant.]
Il y a une deuxième définition de cet adjectif :
Sociable : Avec qui il est facile de vivre. Ouais, ben alors ça, ça n'a rien à voir avec le fait d'aller ou non à l'école ! Parce que j'en connais qui y sont allés à l'école et qui sont pourtant insupportables !  :-D

Ah, mais j'y pense, peut-être que c'est plutôt la peur que nos enfants ne puissent pas sortir de chez nous qui interroge et inquiète, et que c'est cela qu'il faut lire derrière cette fameuse question de la socialisation ? La crainte que nos enfants ne connaissent personne d'autre que leurs parents ? Et c'est cette peur qui ferait que certains [qui ne connaissent pas la nonsco] considèrent la nonsco comme dangereuse pour le développement harmonieux de nos enfants ? [bon, c'est sûr qu'avec ce que les media racontent... parfois on peut se poser des questions... mais il suffit de se renseigner pour savoir qu'il y a moins de cas d'enfants nonsco enfermés dans un cagibi qu'il y a d'enfants scolarisés victimes de racket ou de viol... et là, je ne parle pas de nombre de cas, mais de pourcentages -c'est plus représentatif un pourcentage-... bon, d'accord, elle est facile, mais elle n'en est pas moins vrai... Cela dit, si mes puces ne vont pas à l'école, ça n'a rien à voir avec ce que les média racontent de l'école, ça a plutôt à voir avec l'envie de vivre autre chose et d'apprendre autrement, et dans la société, dans la vraie vie, hein, pas dans sa marge, ni en-dehors d'elle  ;-) ] Donc en fait, rien à voir avec la socialisation ![voir définition plus haut socialisation=adaptation] Ca aurait plutôt à voir avec le fait de pouvoir sortir de chez soi, de rencontrer d'autres personnes. Bref, de ne pas être enfermé ! [un peu comme les mères au foyer, sauf qu'elles, vu qu'elles sont adultes -ou alors c'est pour une autre raison plus obscure que je ne connais pas ?-, on se préoccupe peu de leur sort... mais je m'égare  ;-) ] Mais il n'y a pas qu'à l'école [d'ailleurs à l'école les enfants cotoyent principalement des enfants de leur âge et du même quartier qui font les mêmes choses qu'eux : passer leurs journées à l'école, donc pour le côté variété, c'est pas ça...] qu'on peut cotoyer d'autres personnes régulièrement, et il est d'autant plus facile de voir du monde qu'on ne va pas à l'école : grands-parents, voisins, amis, camarades d'activités extra-scolaires, le boulanger ou l'épicier du quartier [paraît même qu'il y avait des épiciers nonsco, dis donc !  ;-) ], etc... Ou alors la question de la socialisation a à voir avec la crainte que les enfants nonsco ne puissent s'adapter à la vie en société ? [d'après la définition lue plus haut sur socialisation=adaptation] Mais comment pourraient-ils ne pas s'adapter à la vie en collectivité ? La vie en famille n'a-t-elle pas besoin d'un minimum de règles pour être vivable? [ne pas réveiller ceux qui dorment, ne pas mettre de yaourt dans le lit, s'habiller pour pouvoir être à l'heure à l'activité sportive ou ne pas arriver au magasin après sa fermeture, etc...]. Enfin bref, la question de la socialisation est-elle une question pertinente ou une crainte exprimée ? Mais vu la longueur de mon laïus qui, j'en suis sûre, ne répond pas à la question posée  :-D  (ou seulement pour un aspect de la question) , je concluerai par les propos de Jean Epstein, psycho-socioloque (propos d'autant plus intéressants que ce cher monsieur est en faveur de la scolarisation précoce dès l'âge de trois ans) :

La socialisation, c'est être capable de vivre en tant qu'individu et être reconnu dans ses compétences en compagnie des autres, à l'intérieur d'un groupe. Mais socialisation ne signifie pas collectivisation ou massification, et on peut être très sociable mais ne pas vouloir être toujours en groupe, et garder des moments pour soi, tranquille, sans personne. Ce n'est pas parce qu'on ne participe pas à des activités collectives qu'on est exclu.


Pour lire les autres témoignages sur ce thème : la Farandole Sans Ecole  :-)

Posté par pepitedechocolat à 13:17 - La Farandole sans école - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »