26 août 2009
Nouvelle législation
Un nouveau socle commun de connaissances concerne désormais les enfants instruits à la maison. Nouveau ? Non, pas si nouveau, puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'étendre le socle commun rédigé pour les enfants scolarisés à tous les enfants en France, indépendamment de leur mode d'instruction. Ca change quoi, pour nous ? Finalement pas grand-chose. Signé sans aucune concertation avec les associations IEF, ce décret a été interprété par un certain nombre d'inspecteurs comme une bonne nouvelle : enfin les familles nonsco allaient être obligées de suivre le programme de l'Education nationale, et cela entérinait ce que ces mêmes inspecteurs ont imposé à un certain nombre d'enfants nonsco cette année passée, à savoir les fameuses évaluations nationales en fin de cycle EN. Eh ben non, tout faux ! Mauvaise nouvelle pour ces inspecteurs : Monsieur le directeur général de l'enseignement scolaire du ministère de l'Education nationale a été très clair dans son courrier aux associations : les familles ont toujours la liberté pédagogique, donc aucune obligation de suivre le programme de l'EN, et les évaluations ne sont pas pour nous non plus ! :-) Ce monsieur précise même que le contrôle pédagogique doit être individuel et spécifique à chaque enfant, qu'il doit prendre en compte les choix éducatifs des parents, et qu'il ne doit pas y avoir de référence aux programmes officiels. Donc exit les tests génériques et uniformisés imposées aux enfants :-)
Extraits choisis :
[...] Il [ce décret] ne remet pas en cause les modalités de mise en œuvre et de contrôle de l'instruction dans la famille qui continuent de s'exercer dans le respect de la liberté de l'enseignement.
[...] Ce décret ne modifie en rien les modalités de mise en œuvre de l'instruction dans la famille ou dans les établissements privés hors contrat. Les procédures d'évaluation prévues dans le préambule de l'annexe qui définit le socle commun ne sont pas applicables aux enfants instruits dans la famille.
[...] Comme auparavant, l'inspecteur d'académie contrôle la progression de l'enfant en fonction des choix éducatifs des parents, dans le cadre du programme qu'ils entendent suivre, sans référence au niveau scolaire d'une classe d'un établissement d'enseignement public ou privé sous contrat.
[...] Ce contrôle doit tenir compte de l'âge et de l'état de santé de l'enfant et toujours se faire en référence aux contrôles antérieurs, pour avoir une approche objective de la progression réelle de l'enfant. C'est pourquoi il doit être individualisé et spécifique à chaque enfant et ne doit pas faire référence aux programmes scolaires officiels.
En conclusion : l'ancien décret prévoyait que les enfants nonsco aient un niveau comparable aux enfants scolarisés à l'âge de 16 ans. Le nouveau décret prévoit que tous les enfants en France aient la maîtrise du socle commun à l'âge de 16 ans. Reste à savoir si les enfants scolarisés auront tous le niveau minimum requis à 16 ans... Reste à savoir également si les inspecteurs vont être enfin sanctionnés lorsqu'ils ne respectent pas la législation en vigueur en basant leur contrôle sur le programme de l'EN, en imposant des contrôles pédagogiques uniformes et sans regard pour les choix pédagogiques et éducatifs...
30 août 2008
Vous faites quoi le 15 septembre ?
Journée Internationale Pour la Liberté d'Instruction
Un peu partout en France :-)
14 juin 2008
A quel âge l'école est-elle obligatoire ?
[ Régulièrement, des visiteurs arrivent ici suite à une recherche sur Google concernant l'instruction. Des questions posées, un Google qui pointe par ici, mais pas forcément les réponses aux questions posées. Donc je me propose de répondre à quelques questions, histoire de faire avancer le schmilblick ;-) ]
A quel âge l'école est-elle obligatoire ?
=> Réponse courte : En France, jamais :-)
=> Réponse moyenne : En France, l'école n'est pas obligatoire, seule l'instruction l'est.
=> Réponse longue : En France, l'école n'est pas obligatoire, il n'y a que l'instruction qui est obligatoire, comme je l'ai expliqué ici en citant les textes de loi. La période d'instruction obligatoire va de 6 ans à 16 ans, et plus précisément de la rentrée scolaire de l'année civile où l'enfant atteint 6 ans jusqu'au jour du 16e anniversaire. Donc oui, il faut apprendre des choses entre 6 et 16 ans, mais pas obligatoirement à l'école ;-)
03 juin 2008
Quels sont les cours obligatoires pour l'école à la maison ?
Régulièrement, des visiteurs arrivent ici suite à une recherche sur Google concernant l'instruction. Des questions posées, un Google qui pointe par ici, mais pas forcément les réponses aux questions posées. Donc je me propose de répondre à quelques questions, histoire de faire avancer le schmilblick ;-)
Quels sont les cours obligatoires pour l'école à la maison ?
=> Réponse courte : Aucun cours n'est obligatoire.
=> Réponse moyenne : Aucun cours n'est obligatoire, mais il y a un minimum à savoir à la fin de l'obligation d'instruction (c'est à dire 16 ans).
=> Réponse longue : Aucun cours n'est obligatoire lorsqu'un enfant est instruit en famille, mais il y a une règle à respecter, énoncée dans le décret relatif au contenu des connaissances requis des enfants instruits dans la famille qui dit qu'un enfant instruit hors école doit avoir, à l'âge de 16 ans, des connaissances comparables aux enfants instruits en milieu scolaire public dans divers domaines qui sont "les instruments fondamentaux du savoir, les connaissances de base, les éléments de la culture générale, l'épanouissement de la personnalité et l'exercice de la citoyenneté". Avec un peu plus de détails, ça donne quoi ? Ca donne :
- "la maîtrise de la langue française" (maîtrise du français parlé, de la lecture, du français écrit, de la grammaire et du vocabulaire)
- "la maîtrise des principaux éléments de mathématiques" (savoir compter, connaître les formes géométriques, savoir calculer, être capable de déduction, d'abstration, de raisonnement, de démonstration)
- "la pratique d'une langue étrangère"
- "une culture générale" en lien avec la littérature
- "des repères chronologique et spatiaux" (connaissance de l'histoire et de la géographie française, européenne et mondiale)
- "une culture scientifique et technologique" (biologie, physique et chimie)
- "une culture artistique" (oeuvres d'art)
- "une culture physique et sportive"
- devenir un bon citoyen en acquérant un esprit critique et le sens de l'argumentation, sans oublier les connaissances nécessaires à l'exercice de la citoyenneté
Comment permettre à l'enfant d'acquérir toutes ses connaissances ? En développant les compétences suivantes :
- poser des questions
- trouver des solutions après avoir réfléchi, lu, comparé
- faire selon un mode opératoire logique
- créer
- savoir utiliser les divers media
- être capable de se maîtriser, de gérer son potentiel et les risques encourus.
Dans quel ordre, à quel rythme et selon quelle pédagogie faut-il oeuvrer à l'acquisition de tout ça ? Dans l'ordre que l'on souhaite, au rythme que l'on souhaite, et selon la pédagogie que l'on souhaite. Ou mieux : selon l'ordre, le rythme et la pédagogie les mieux adaptées à l'enfant :-) Il n'y a aucun ordre, rythme ou méthode pédagogique particulière à suivre impérativement. Apprendre hors école, c'est bénéficier d'une grande liberté pédagogique, toujours dans l'objectif de permettre les apprentissages définis plus haut à 16 ans. Ainsi, on peut commencer l'apprentissage de la lecture à 4 ans ou 9 ans plutôt qu'à 6 ans, les multiplications peuvent être abordées à 5 ans ou à 11 ans, etc. Bien sûr, il est préférable que les choix effectués soient cohérents (bon, ça dépend aussi de ce que l'on entend par cohérent... ou plutôt d'avec quoi on souhaite qu'ils soient cohérents : les intérêts de l'enfant ? le programme scolaire ? une logique pédagogique définie ? etc...), notamment si une scolarisation est envisagée à court terme, histoire que l'enfant ne soit pas en décalage complet lors de son arrivée en milieu scolaire. Mais si l'instruction à domicile est envisagée pour plusieurs années, rien n'empêche de personnaliser l'enseignement, sans se soucier du programme scolaire en vigueur dans les écoles, puisque il n'y a aucune obligation légale de suivre ce programme. Et puis rien ne dit que ce programme soit le meilleur à tous niveaux (sinon, pourquoi nos ministres le réviseraient-ils si souvent, hein ?), tout comme rien ne dit que ce programme soit le pire qui soit ;-)
29 avril 2008
Hors-série sur l'école à la maison
Le magazine Grandir Autrement vient de publier un hors-série de 120 pages consacré à l'instruction en famille :
21 décembre 2007
L'ARS pour les enfants instruits à domicile !
Les trois associations nationales d'instruction dans la famille s'allient pour réclamer le droit à l'Allocation de Rentrée Scolaire pour les enfants instruits dans la famille. Actuellement seules les familles dont les enfants sont instruits en famille (sans cours par correspondance) sont exclues du droit à cette allocation. Même les familles dont les enfants sont inscrits dans une école privée hors contrat ont droit à cette allocation (sous réserve de respecter les plafonds définis), alors pourquoi pas les familles des quelques 3000 enfants IEF ?
Le communiqué de CISE, LEDA et LAIA :
L’allocation de rentrée scolaire
pour les enfants instruits à domicile !
18 décembre 2007
Suite au refus du Ministre du Travail, des Relations Sociales et de la Solidarité de soutenir un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale 2008 tendant à accorder l’allocation de rentrée scolaire aux enfants instruits dans la famille, les trois associations françaises de parents ayant choisi l’instruction à domicile, en famille ou à distance, entendent souligner le caractère discriminatoire de la législation actuelle.
L’allocation de rentrée scolaire, instituée en 1974, est versée aux familles dont les enfants sont instruits dans les établissements d’enseignement, y compris l’enseignement à distance. Les enfants instruits par leurs parents ne bénéficient toujours pas de cette allocation, alors que l’Etat reconnaît depuis 1882 que ce choix éducatif satisfait à l’obligation d’instruction.
À l’issue d’une réunion qui s’est tenue le 15 décembre, neuf ans après le vote de la Loi renforçant le contrôle de l’obligation scolaire, les trois associations rappellent la priorité qui doit être donnée aux parents en matière de choix d’éducation et d’instruction.
Les trois associations réclament donc également l’abrogation du 2° alinéa de l’article L131-1-1 du code de l’éducation, inséré par amendement dans la loi du 18 décembre 1998, et qui, en contradiction avec les textes et conventions internationales ratifiés par la France, remet en cause la priorité des parents en matière d’éducation.
Les Enfants d'Abord, LED'A
Libres d'Apprendre et d'Instruire Autrement, LAIA
Choisir d'Instruire Son Enfant, CISE
Contacts
Plus d'informations :
- L'allocation de rentrée scolaire et le projet de loi relatif au financement de la sécurité sociale 2008
Une charge dérisoire pour le budget de la Sécurité sociale - L’instruction dans la famille : coût zéro pour le budget de l’Education nationale
- Un texte discriminatoire
- Textes législatifs
16 septembre 2007
On en parle, et ça fait peur !
La commission d'enquête sur les sectes qui a tenté d'interdire l'instruction en famille l'hiver dernier revient à la charge, notamment lors d'une interview du député Myard sur France Info. Il reconnaît que toutes les familles nonsco ne sont pas sectaires [c'est gentil de le dire, merci], mais qu'il faut faire quelque chose pour les "centaines" [un chiffre qui sort de son chapeau] d'enfants qui ne vont pas à l'école et qui sont dans les "griffes" des sectes [qu'il n'a pas été en mesure de citer, hormis le cas réchauffé de l'hiver dernier]. Il demande "d'imposer un contrôle médical et un contrôle beaucoup plus sérieux de l'enseignement qui est prodigué à ces enfants", c'est à dire notamment de limiter la liberté pédagogique [pour qu'il n'y ait qu'un seul savoir diffusé et rien d'autre que ce que décide l'EN], ce qui selon lui permettra de limiter l'emprise sectaire sur les enfants qui ne sont pas déclarés en IEF et donc qui ne sont pas contrôlés [je rappelle contrôle social tous les deux ans et contrôle pédagogique annuel depuis 1998] car, je cite : "il faut savoir que normalement les parents qui enseignent à leurs enfants doivent faire une déclaration préalable en mairie, et je peux vous dire que cela n'est pas toujours fait. Donc on peut très bien penser, et c'est le cas, qu'il y a de nombreux parents qui ne veulent pas faire cette déclaration préalable en mairie, et qui échappent à tout contrôle". Mais comment vont-ils faire pour contrôler de manière encore plus serrées ce qui [pas si nombreux qu'il le dit à mon avis, vu tous les recoupages de fichiers, et que la MIVILUDES qui luttent contre les sectes n'a rien trouvé ces dsernières années] ne sont pas déclarés ? Car il propose seulement de renforcer les contrôles envers les familles qui ont envoyés leurs déclarations [et qui donc respectent la loi, et qui sont contrôlées 15 fois en 10 ans et par enfant], et il ne propose rien pour empêcher le refus de déclaration. Donc ça va pas faire avancer le schmilblick, et il y aura toujours autant d'enfants sous emprise sectaire, comme il dit.
Et sur France3 hier soir (15 septembre, à 16 mn), j'ai pas mal apprécié l'avis d'un représentant des profs (cité de mémoire) :
- "l'instruction à domicile ne prépare pas à la vie en collectivité" => je ne vois pas l'intérêt d'apprendre la vie en collectivité... Qui vit en collectivité de nos jours, hormis les écoliers et les militaires ? Apprendre à vivre en société, oui, c'est important, et c'est pourquoi nos enfants vivent en société et pas en collectivité... D'ailleurs, y'a un dossier sur la socialisation dans le dernier numéro du journal de LAIA, et des témoignages de familles avec la Farandole Sans Ecole de mars dernier.
- "le droit à l'instruction n'est pas le droit des parents mais celui des enfants" => oui, nous sommes dans une société où les parents n'ont plus aucun droit et sont toujours potentiellement néfastes pour leurs enfants [et forcément coupable si l'enfant déconne] : pas le droit à une grossesse sereine [faites pas ci, faites pas ça, surtout faites comme ci, etc], pas le de droit d'accoucher [pourquoi faire ? puisque maintenant y'a péridurale, césarienne et ventouse à gogo, hein pourquoi s'embêter, perdre du temps et souffrir pour "rien"], d'allaiter [le lait de vache trafiqué, c'est de meilleure qualité qu'ils disent, que le lait de la mère est pollué qu'ils disent, mais surtout ne pas dire avec quoi et comment est fait le lait artificiel et les biberons...], de porter nos bébés [pour en faire un capricieux ? mais laisse-le donc pleurer, tu vois bien que du haut de ses deux mois il manipule son monde !] et de nous en occuper [on va quand même pas casser la croissance en arrêtant de travailler juste pour un bébé, hein, et puis pensez à toutes ces personnes qui cherchent un emploi, ne soyez pas égoïstes, donnez-leur votre enfant !], et pas le droit d'instruire nos ses enfants [ah que non, il faut être qualifié pour savoir lire et écrire, c'est pas donné à tout le monde, seulement à ceux qui sont allés à l'école et qui ont appris à apprendre à lire et écrire. Oui, madame, bien sûr qu'il faut être qualifié !* Sinon, ça sert à quoi l'IUFM, hein ? Réponse de la dame : A savoir ce qu'est un référentiel scripturaire et un référentiel bondissant, mais à part ça, je suis pas sûre]. Heureusement, nous avons encore le droit de nous reproduire, il faut bien que quelqu'un fasse les citoyens et consommateurs de demain. Ouf !
* J'ai beaucoup aimé la réponse d'André Stern (pour ceux qui n'ont pas suivi, c'est un adulte qui a été un enfant instruit en famille, et qui a été interviewé au 12/13 de France3 Paris le 12 septembre 2007) que je cite : "Dans la vie professionnelle, c'est la compétence, c'est pas la qualification, qui compte".
12 septembre 2007
On en parle !
Dans les journaux, à la radio, à la télé... Qui peut encore ignorer que l'école n'est pas obligatoire et l'instruction en famille légale ? ;-)
Et pour ceux qui n'ont encore rien vu rien entendu, il y a des trucs à voir et entendre là.
Les Enfants D'Abord rencontre l'Education nationale
Je reproduis ici le communiqué de l'association LED'A :
Communiqué de presse du 11 septembre 2007
Mardi 11 septembre, trois responsables de L’association « Les enfants d’abord » ont été reçus au ministère de l’éducation par M. Patrick Allal, directeur de la sous-direction de l’enseignement privé.
L’association a fait part de son souhait de sortir de la défiance envers l’instruction en famille, faisant suite à la loi About votée en 1998 dans le contexte de la lutte contre les sectes.
Après 10 ans d'application et le constat que les familles qui instruisent leurs enfants ne sont pas concernées par le phénomène sectaire, elle souhaite que l’ensemble des dispositions de cette loi et de la circulaire Royal soit revues afin de restaurer la confiance et le respect à l’égard des choix parentaux en matière d’éducation.
Elle demande que les modalités de contrôle de l’instruction en famille soient allégées*.
Elle exige également que la priorité donnée aux parents, par les déclarations internationales, en matière d’éducation soit réaffirmée dans le droit français**.
Elle souhaite que la circulaire Royal soit abrogée.
Enfin, pour permettre à toutes les familles de faire face aux dépenses d’instruction, elle réclame que les enfants instruits à domicile bénéficient également de l’allocation de rentrée scolaire, ce qui n’est pas le cas actuellement.
M. Allal a reconnu le bien-fondé des revendications de l’association. Les responsables de l’association ont demandé à être reçus par le directeur du cabinet du ministre.
* La modification demandée concerne l’article L131-10 4° alinéa « L'inspecteur d'académie peut à partir du troisième mois suivant la déclaration d'instruction par la famille, faire vérifier que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1. » à la place de « L'inspecteur d'académie doit, au moins une fois par an, à partir du troisième mois suivant la déclaration d'instruction par la famille, faire vérifier que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1. »
** La suppression du deuxième alinéa de l’article L131-1-1 du code de l’éducation est demandée « Cette instruction obligatoire est assurée prioritairement dans les établissements d'enseignement. »
09 septembre 2007
Premières rentrées
Comme chaque année à cette époque, je suis révoltée et scandalisée par tous ces reportages qui montrent sans aucune pudeur et sans aucun respect le désarroi dans lequel se retrouvent nombre de petits enfants qui ne sont même pas concernés par l'obligation d'instruction. Sans parler des témoignages qui circulent allègrement sur le web pour raconter la rentrée du petit dernier, et les torrents de larmes versés, sur un ton désinvolte qui parfois [je dis bien "parfois" -et encore d'après ce que j'ai pu lire je pourrais même dire "souvent"-, car il y a aussi des mamans bouleversées qui aimeraient bien revenir en arrière mais qui ne savent pas ou qui écoutent trop l'entourage et son avis sur la "socialisation etc" ou qui ne se font pas suffisamment confiance] ne laisse paraître aucune compassion puisque de toutes façons "c'est comme ça, il faut qu'il s'y fasse, ça ira mieux bientôt". Oui, bien sûr, l'adaptation est le propre de l'homme et de son tout-petit. Sinon, comment l'espèce pourrait-elle survivre ? Mais je ne pense pas que cette résignation soit très constructrice pour l'individu lui-même. Et cette exhibition banalisée de souffrances sans vraie compassion me laisse bien perplexe sur la manière dont les enfants sont considérés dans notre culture.
Je ne me souviens pas de ma première rentrée. Mais je me souviens de toutes celles qui ont suivi, et je suis soulagée que ça se soit enfin arrêté ! Et j'ai le coeur léger de ne pas remettre ça avec mes enfants.
Cette année aurait pu être notre première année de non rentrée, à quelques jours près. Lors de la banale visite du 9e mois de grossesse, l'abruti de médecin a tenté, à mon insu, de me décoller les membranes pour déclencher la naissance de Puce. Parce que "8 mois et demi pour une première grossesse, ça suffit de nos jours". Parce que "C'est sympa de fêter Noël à la maternité". [Ouais, ça doit être vachement sympa de fêter les fêtes de fin d'années seule et enfermée dans une chambre d'hôpital. :-( Et ça doit être vachement sympa de ne pas avoir de vrai anniversaire à soi :-( ] Quoi qu'il en soit, il s'est raté et c'est tant mieux :-) Nous avons donc une année de tranquilité supplémentaire pour vivre et grandir à notre rythme sans comptes à rendre.
Cette année, c'est la première fois qu'on nous demande "Et cette rentrée, ça s'est bien passé ?". Donc j'ai expliqué. Et le monsieur m'a demandé si je ne faisais que ça. Je lui ai répondu que j'étais effectivement "mère au foyer" [je mets des guillemets car je n'aime pas cette expression, ou ce qu'elle porte comme clichés. Je n'ai pas d'emploi rémunéré et j'ai des enfants, mais l'un plus l'autre ne font pas de moi seulement une "mère au foyer". Et puis d'abord je suis rarement derrière les fournaux, je fais rarement le ménage et je ne fais pas de loisirs créatifs :-D Désolée pour le cliché, sans méchanceté aucune], mais je pense que j'ai pas bien compris sa question parce qu'ensuite il n'a pas arrêté de répéter : "C'est du travail quand même... Quand même c'est beaucoup de travail..." J'ai voulu le rassurer et je lui ai répondu en riant un truc du genre "Quand même c'est pas le bâgne !" Il n'a pas beaucoup rigolé. A y réflêchir, je pense qu'il s'est imaginé que je passais 6 à 8 heures par jour cinq jours par semaine à enseigner à MiPuce (elle était seule avec moi, j'imagine sa tête s'il avait su que j'avais trois puces sans école...). En fait, je pense que je dois passer environ une demi-heure à l'enseignement (pour les trois puces) par semaine. Mais elles sont encore d'âge préscolaire (à quelques jours près pour Puce !), comme on dit, on verra si l'an prochain je passe d'un coup à 6 heures par jour et si je fais la semaine des quatre ou des cinq jours. Mais franchement ça m'étonnerait, on a autres chose à faire que faire des exercices ;-)
Cette année, c'est aussi la première fois que Puce et MiPuce réalisent qu'il se passe quelque chose en septembre. Le place où jouent les enfants est déserte depuis quelques jours et elles doivent attendre la fin de l'après-midi pour pouvoir jouer avec d'autres enfants. Et le soir les enfants rentrent plus tôt que d'habitude. Non, vraiment, (dixit les puces) "l'école c'est pas bien" : on joue moins que ce qu'on veut avec les copains, qu'on y aille ou pas !



