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... et boules de gommes

20 octobre 2009

Du déclic à la maîtrise, que de chemin et travail... pour moi !

Je m'étonne régulièrement de ce que mes puces savent faire et savent tout court. Parfois les enfants grandissent plus vite que ce qu'on ne les voit ! Et je m'inquiète aussi régulièrement de ce qu'elles ne savent pas (encore), comme s'il y avait un blocage qu'il m'incomberait de défaire sans pour autant parvenir à trouver ce qui bloque. Et quand cela arrive, les doutes m'envahissent, et la pression que je ressens parfois est d'autant plus forte et handicapante. Régulièrement, j'observe un déclic qui me fait croire que, cette fois, ça y est, on est sur la dernière ligne droite qui mène à la maîtrise de telle compétence ou connaissance, et je vois notre horizon IEF s'éclaircir, comme si la puce avait fait un bon de géant. Et puis, finalement, il se passe un an ou deux avant que l'apprentissage ne soit plus abouti. J'ai observé cela avec l'apprentissage de la lecture pour lequel deux ans et demi se sont passés entre le déclic et la lecture effective. Je l'observe également pour la comptine numérique pour laquelle, un an et demi après le déclic pour la découvrir, la maîtrise n'est pas encore parfaitement effective (mais cela ne devrait plus tarder si j'en crois les longues minutes que Puce passe tous les jours à s'entraîner à lire et compter devant notre poster des nombres... à moins que ce ne soit qu'une étape de plus !).
Peut-être qu'en forçant Puce, cela aurait pu aller plus vite. Ou pas. Ou peut-être aurions-nous gagné d'un côté pour perdre de l'autre. Avec des si, on referait tout Paris, comme on dit ! :-)  Et puis je m'aperçois aussi que c'est lorsque je me sens découragée et que je jette l'éponge, ce qui aboutit inévitablement à un véritable lâcher-prise, que quelque chose se passe. Il ne s'agit pas du fameux "lâcher-prise" qui fait bien à dire mais avec lequel nous gardons tout de même une certaine maîtrise (quand nous ne proposons plus rien mais continuons d'observer l'air de rien le point particulier qui nous embête et restons prêts à agir dès que quelque chose évoluera ; en somme c'est un lâcher-prise en tension comme si nous l'épiions pour vérifier que cette détente fait bien son boulôt ! Quelque peu antinomique !). Non, je parle plutôt du vrai lâcher-prise où on abandonne toute résistance et toute ambition parce qu'on finit par ne plus y croire et qu'on se retrouve devant un double choix : insister et enseigner contre le gré de l'enfant, ou passer à complètement autre chose sans se retourner. J'opte généralement pour la seconde option, car Puce est d'une nature à se bloquer complètement lorsqu'elle sent une attente ou une insistance à son encontre. J'en ai déjà fait les frais (elle aussi par la même occasion), et je crains qu'agir contre son gré ne crée en elle des blocages ou rejets de tel ou tel apprentissage, voire des apprentissages en général, seulement parce que nous, adultes (parents, mais aussi personnel de l'Education nationale [oui, même dans le cadre de l'IEF, nous devons supporter, parfois affronter, leurs attentes lors des contrôles généralement irrespectueux des différences]), mettons sur ses épaules d'enfant une trop grande pression externe, parfois contraire à son libre-arbitre, à un moment où cela n'a pas (encore) de sens pour elle.
Cela me demande un réel travail sur moi : remise en question de ce que je croyais être universel et commun à tous les enfants. Remise en question de la façon dont je souhaitais instruire, partager mes connaissances et accompagner sur les chemins du savoir, avec peut-être un petit deuil à faire... Et aussi un travail de recherche pour, d'une part, trouver ce qui permettrait à Puce de progresser avec envie et plaisir dans les domaines prévus par le fameux décret, et, d'autre part, pour trouver des activités, des façons d'apprendre ou des sources d'information qui changent et se renouvellent car Puce se lasse rapidement. Sans oublier les stocks de patience que je dois régulièrement renouveler... Oui, cela aurait été beaucoup plus simple que ma puce soit plus simple ! Ou alors aurait-il fallu que je me pose moins de questions !

Posté par pepitedechocolat à 22:36 - Apprendre sans école - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ah tiens... Amusant cette petite phrase... Ne serait-ce pas une équivalence de celle-ci "les chats ne font pas des chiens" ? ; ))
Bon je te taquine, tu le sais, d'autant que je suis certainement mal placée pour me moquer. ; )
Quant au lâcher prise, ah le lâcher prise ! Qu'il est difficile à tenir sur le long terme lorsqu'on connait cette fameuse échéance... D'autant plus difficile lorsque les enfants grandissent... Et finalement faudrait-il chercher d'autres supports si nous voulons vraiment parvenir à un total lâcher prise ? Combien de temps faudrait-il leur laisser ? Et pour commencer, ne faudrait-il pas tout simplement apprendre à taire nos angoisses de mère ? Mais serions-nous alors suffisamment attentives ? Jusqu'où aller ? Bon je file cogiter ailleurs. ; )
Merci pour ce billet,cette piste de réflexion. : )

Posté par lysalys, 21 octobre 2009 à 15:11

@lysalys : ;-)

Posté par pepitedechocolat, 21 octobre 2009 à 15:24

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